C’est la fin de plusieurs mois de blocages qui ont mis à l’arrêt la Nouvelle-Calédonie et sa filière nickel. Indépendantistes et loyalistes ont trouvé un accord sur la cession de l’usine de nickel et de cobalt de Vale NC, à Goro, au sud de l’archipel, à un consortium rassemblant le groupe de négoce Trafigura, le financier Prony et les provinces calédoniennes.
Au final, le négociant suisse, dont les indépendantistes s’opposaient à la présence, reste à la table. L’épilogue s’est joué sur l’attribution des titres miniers aux provinces, assurées de revenus en les louant au consortium industriel, et à l’arrivée inopinée du constructeur automobile américain Tesla dans le dossier.
Tesla s’est engagé dans un « partenariat technique et industriel » avec l’usine de Goro pour intégrer son nickel de qualité batterie dans sa chaîne d’approvisionnement de sa production de batteries pour l’Asie, l’Europe et les États-Unis. De quoi sécuriser des débouchés de l’usine calédonienne de 3 000 salariés… et les besoins en nickel propre de qualité batterie du constructeur.
« Le nickel est notre plus grande inquiétude pour accélérer la production de batteries lithium-ion », tweetait, fin février, son président Elon Musk, après avoir promis cet été de « gros contrats » à l’entreprise qui saurait extraire du nickel de façon durable, en limitant l’empreinte carbone et les rejets polluants. Pour contourner l’obstacle, Tesla a commencé à se tourner vers les batteries lithium-fer-phosphate pour ses véhicules entrée de gamme. Sans attendre le nickel calédonien.



