La plupart des salariés de Novartis sont en télétravail depuis le début du confinement… et pourraient le rester pour toujours. S'ils le veulent. Novartis France est sur le point d’achever des négociations avec ses syndicats pour instaurer un télétravail massif.
Une règle déjà adoptée par sa maison-mère, en Suisse.
La branche française du laboratoire pharmaceutique vient à peine de rouvrir son siège de Rueil-Malmaison et ses bureaux de Levallois, dans les Hauts-de-Seine. "Pour les salariés dont les conditions de travail sont difficiles en télétravail, pour leur offrir de bonnes conditions de travail", explique le DRH de la branche oncologie de Novartis France, Guillaume Viaules.
<< Retrouvez ici tous nos articles consacrés au télétravail, boosté par la crise du Covid-19
Le confinement avait contraint plus de 2 000 salariés sur les 3 000 de Novartis France, commerciaux compris, à pratiquer un télétravail forcé, tandis que 800 salariés des sites de production, aux Ulis (Essonne) et à Huningue (Haut-Rhin), continuaient à fabriquer des anticancéreux et des biomédicaments.
Si les commerciaux ont depuis mai repris la route, les salariés des bureaux sont restés chez eux. Mais après sept mois de travail à domicile, certains sont mal à l’aise dans des appartements trop étroits, dans lesquels galopent parfois des enfants en bas âge… Ouverts, les bureaux du siège les accueillent au compte-gouttes depuis trois semaines, avec 20% seulement des places accessibles.
Inscrire le télétravail dans la durée
"De l’expérience massive du télétravail, nous avons tiré deux enseignements : ça marche et nos salariés nous le réclament, indique Guillaume Viaules. Ils veulent plus de flexibilité, ce qui rentre complètement dans notre volonté de favoriser l’autonomie et la responsabilité. Nous avons donc décidé de tenir compte de ces enseignements pour préparer la nouvelle étape d'un télétravail qui s'inscrit dans la durée."
Nouveau crédo de l’entreprise : le télétravail "flexible". "Tous les salariés des sièges pourront travailler où ils veulent, quand ils veulent, comme ils veulent", poursuit le DRH. Ils auront le choix entre 100% de travail chez eux, 100% de travail au bureau, ou un panachage des deux, avec une proportion de télétravail choisie. Si besoin, mais ça ne doit pas devenir la règle, il sera possible de travailler dans un "tiers lieu", ni domicile, ni siège.
En septembre, "comprenant que le télétravail allait durer", Novartis France a doté tous ses collaborateurs "sièges" d’une prime de 425 euros, indique la direction, pour qu’ils équipent leur domicile comme bon leur semble (achat d’un bureau, siège ergonomique, grand écran…).
Garder un collectif de travail
Reste à organiser le travail, avec des équipes ainsi disséminées. Les bureaux de Rueil-Malmaison, dans lesquels Novartis a déménagé en 2019, sont organisés en "activity based working" : comme dans le "flex office", les salariés n’ont pas de bureau attitré, mais ils ont le choix, quand ils arrivent au siège, entre différents environnements de travail, retenus en fonction de leur activité du jour : des tables en libre accès, des bibliothèques silencieuses, des espaces de collaboration dédiés aux discussions, des auditoriums.
Libre, ensuite, à chaque manager d’organiser son équipe pour favoriser les moments d’échanges, à distance et physiques. "Nous encourageons nos managers à accepter que chaque salarié organise son agenda, notamment pour préserver son équilibre vie professionnelle, vie privée", relate le DRH. Il paraît que chez Novartis, on peut refuser une réunion parce qu’on a gym…



