Les jeunes diplômés 2020 ne doivent pas être les oubliés de la crise

A l’initiative de Syntec Conseil et de la CDEFI, plusieurs organisations suggèrent au gouvernement des mesures pour que les entreprises puissent employer les diplômés arrivant sur le marché du travail malgré la crise sanitaire.

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Diplômés télécom
Dernière remise des diplômes à Telecom Saint Etienne.

La transition entre l'enseignement supérieur et le marché du travail risque d'être compliquée pour les 700 000 étudiants français qui achèvent leur formation initiale en 2020. La crise économique liée au Covid-19 se caractérise déjà par une réduction voir un gel des embauches dans les entreprises, qui devrait directement les pénaliser.

Dans ce contexte, Syntec Conseil, le syndicat représentatif du secteur du conseil et de formations des universités françaises et la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) ont adressé un courrier au gouvernement pour qu’à partir de la fin de l’année 2020, "les entreprises françaises soient accompagnées pour être en capacité de continuer d’employer la majeure partie des jeunes arrivant sur le marché du travail.” 

Un message auquel se sont joints le Conférence des présidents d’université, la Conférence des grandes écoles, la Fondation Nationale pour l'Enseignement de la Gestion des Entreprises et l’Association nationale des apprentis de France en signant également la missive.

Le cas des diplômés en période de recession

Cet appel à l’Etat découle de signaux constatés par les acteurs signataires au cours des dernières années. “On a vu que les générations diplômées en 2001 ou 2008, lorsqu’il y a eu une récession économique importante, n’ont pas le même niveau de salaire et d’emploi que les autres générations cinq à sept ans plus tard”, analyse Matthieu Courtecuisse, président de Syntec Conseil, syndicat professionnel rassemblant près de 250 entreprises spécialisées dans le conseil. Dans un milieu des écoles d’ingénieurs et de commerces très international, où beaucoup d'étudiants sont ensuite recrutés à l'étranger, la crise sanitaire remet en cause ces débouchés hors de France. “C’est une opportunité de se dire qu’il y a plus de gens à intégrer sur notre marché du travail”, considère cependant Matthieu Courtecuisse.

Plusieurs pistes de réflexions

Fort de ces constats, les organisations appellent les entreprises à s'engager pour l’embauche des jeunes et les pouvoirs publics à prendre des mesures temporaires d’accompagnement pour les soutenir. “Les diplômés doivent être des leviers de relance économique et non pas les faire-valoir de la crise, estime le président de la CDEFI Jacques Fayolle. Notre volonté est de sensibiliser les chefs d’entreprises et les pouvoirs publics sur le fait que recruter un apprenti ou un jeune diplômé, qui n’aura pas forcément le salaire le plus élevé de la société, c’est un moyen de relancer la machine économique.”

Les mesures choisies et suggérées au gouvernement sont d'exonérer de charges patronales et salariales les salaires pour l’embauche en CDI des jeunes diplômés, d’augmenter l'aide aux employeurs d'apprentis et la rendre éligible à toutes les entreprises ou de leur donner la possibilité de prolonger pour une période équivalente à la durée du confinement les conventions de stage en cours avant remise du diplôme.

Le Syntec et la CDEFI préconise aussi le rétablissement de l’Aide à la Recherche du Premier Emploi (ARE) pour les jeunes disposant de faibles ressources et de la porter à huit mois contre quatre mois avant sa suppression en 2019. Toujours dans l'optique de ne pas laisser de côté les étudiants les plus moins aisés, la dernière mesure conseille aux banques de reporter les premières mensualités de remboursement des prêts étudiants tant que les élèves concernés n’auront pas trouvé d'emploi. “Une demande à laquelle le groupe BNP a déjà répondu favorablement”, révèle Matthieu Courtecuisse.

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