Suez poursuit sa rotation d’actifs... mais est rappelé à l'ordre par l'AMF

La cession d’activités dans les déchets en Australie à Cleanaway serait en bonne voie. Suez poursuit la vente d’actifs jugés non stratégiques, mais les objectifs du plan Suez 2030 seront bientôt atteints, confirme Franck Reinhold von Essen, représentant de l'intersyndicale de Suez. Veolia s’oppose au démantèlement du groupe et l'AMF critique l'attitude de Suez.

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La future usine Suez Loop
Suez cède les actifs non stratégiques pour s'orienter vers des activités à plus forte valeur ajoutée, comme cette future usine réalisée en partenariat avec Loop Industries pour recycler tous les PET et produire des plastiques de qualité alimentaire.

Suez serait en négociations avancées avec l’australien Cleanaway sur la cession des activités déchets dans ce pays. Selon notre confrère les Echos, les deux groupes auraient signé un accord préliminaire sur ces actifs qui seraient valorisés à hauteur de 1,6 milliard d’euros, soit 12 fois l’excédent brut d'exploitation 2020.

Du côté de Suez, on confirme qu’il s’agit ni plus ni moins de poursuivre le plan Shaping Suez 2030 qui prévoyait la rotations d’actifs pour un montant compris entre 3 et 4 milliards d’euros. Seulement, après cette cession, l’objectif aura été atteint. Et d’autres cessions, comme celle souvent évoquée au Royaume-Uni, changeraient la donne si elles se confirmaient.

Dans le cadre du plan Suez 2030

"Nous avons vérifié, nous restons bien dans le plan Suez 2030, mais nous atteindrons les 4 milliards d’euros, prévient Franck Reinhold von Essen, représentant de l'intersyndicale de Suez, auprès de l'Usine Nouvelle. Pour le Royaume-Uni, nous n’avons actuellement aucune information en ce sens, mais si d’autres cessions étaient envisagées, nous serions vigilants et demanderions pourquoi."

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Veolia a déposé un recours devant le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour empêcher cette opération, considérant que la direction de Suez est en train de dépecer le groupe. Les cessions réalisées en France et en Europe concernent environ 13 000 salariés sur 60 000.

Mais les salariés de Suez sont surtout inquiets pour leur avenir en France. "Aller chez Veolia n’était pas un souci, assure Franck Reinhold von Essen. Mais on ne veut pas aller chez Meridiam qui n’a jamais opéré sur ce type d’actifs. Il peut s’engager sur 25 ans mais s’il n’a plus la capacité de répondre et qu’il ne parvient pas à renouveler les contrats, à terme vous disparaissez. Sur des marchés matures comme la France, la partie innovante pour la gestion et le traitement de l’eau est essentielle. C’est une mort lente annoncée."

L’AMF rappelle Suez à l’ordre

Mais une mauvaise nouvelle vient de tomber pour Suez, ce vendredi 2 avril. L’AMF (Autorité des marchés financiers) vient dans un communiqué de rappeler Suez à l’ordre. "La recherche d’une solution négociée entre les parties est tout à fait légitime mais elle doit respecter les principes de transparence et d’intégrité du marché, de loyauté dans les transactions et la compétition, ainsi que du libre jeu des offres et de leurs surenchères. L’AMF considère […] que les modifications que la société Suez a apportées au dispositif de la fondation de droit néerlandais, combinées au soutien à la proposition du consortium Ardian-GIP négociée par le conseil d’administration, portent atteinte à ces règles et principes directeurs que l’AMF a pour mission de faire respecter."

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