Stellantis commande 3,5 millions d’euros de pièces à l’équipementier creusois LSI, en grande difficulté

En proie à des difficultés financières depuis plusieurs mois, l’équipementier automobile LSI basé à La Souterraine (Creuse) va bénéficier d’une commande de pièces. Passée par Stellantis, elle s'élève à 3,5 millions d’euros.

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Découpage emboutissage
Pour la CGT, la commande de Stellantis ne suffira pas à redresser le site LSI de la Souterraine (Creuse).

Les 110 salariés de l’équipementier LSI à La Souterraine (ex GM&S) vont retrouver un peu de visibilité grâce à une commande de 3,5 millions d'euros passée par Stellantis. Le groupe GMD, propriétaire de cette usine, leur a transféré la fabrication de carters, chapes et fourchettes d'embrayage. « C’est un beau ballon d’oxygène, cela va apporter de l’activité », a confié Alain Martineau, le président du groupe, au Figaro. « On a décidé de transférer des commandes liées à d'autres sites qui vont recevoir à leur tour d'autres commandes de Stellantis. LSI a les outillages pour le faire », assure-t-il.

Du côté des représentants du personnel de LSI, cette annonce arrive tardivement et n’est pas jugée suffisante pour pérenniser l’usine. « C’est une avancée, c’est bien. Mais ce n’est pas ça qui va sauver le site » estime Patrick Brun, délégué CGT de l’usine. « Ce ne sont pas des nouveaux marchés, on fabriquait déjà ces pièces en 2017 à La Souterraine, puis elles avaient été doublées sur des sites GMD. On récupère juste une partie des pièces qu’on faisait avant et elles sont presque en fin de vie. Cela va faire un peu de boulot pour quelques mois. Ce n’est pas du chiffre d’affaires en plus, cela compense une perte de chiffre d’affaires avec des pièces qui viennent de s’arrêter », tranche le syndicaliste.

« Une petite bouffée d’air »

Lors de la reprise par le groupe GMD en janvier 2018, les constructeurs s’étaient engagés à hauteur de 12 millions d’euros par an de commandes pour Stellantis et de 10 millions d’euros pour Renault. Ces commandes « n’ont jamais été honorées par les constructeurs » selon le délégué CGT de LSI. Ce manque à gagner a plongé l’entreprise dans une situation financière catastrophique, loin des 18 millions d’euros de chiffre d’affaires nécessaires pour atteindre l’équilibre. « On a fini 2021 avec un chiffre d’affaires de 12millions d’euros, annonce-t-il. Cela fait six mois qu’on chôme tous les vendredis. Ces pièces, c’est une petite bouffée d’air, mais ce n’est pas la grosse bouffée d’oxygène qu’on attend. » 

Les 110 salariés semblent dépités et redoutent le second semestre. « Monsieur Martineau annonce un chiffre d’affaires de 3,5millions d’euros en année pleine. Les pièces qui doivent revenir seront là en juin, juillet, septembre, et si on les a... En 2022, cela ne va pas peser grand-chose. Entre ce qui se passe et ce qui se dit, il y a parfois de grands écarts. Ils ont mis cinq ans à nous donner quelques pièces », déplore Patrick Brun.

Cette usine avait été reprise par GMD après les multiples actions musclées menées par les 277 salariés de GM&S au début du mandat d’Emmanuel Macron. Les salariés avaient, un temps, menacé de faire sauter leur usine en cas de fermeture.

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