Nouvel appel à projets pour les sous-traitants automobiles. Jeudi 16 décembre, le gouvernement a annoncé un fonds de soutien de 300 millions d’euros pour aider ces entreprises à se diversifier. L’État va aussi dédier 100 millions d’euros à l’accompagnement de territoires fragilisés par les mutations de la filière. Ces montants s’inscrivent dans le cadre du plan d’investissement France 2030 dévoilé en octobre. «L’enjeu est d’accompagner les mutations, expose Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie. L’objectif est d’améliorer la compétitivité des entreprises sous-traitantes de la filière automobile et de leur permettre de capter de nouveaux marchés.»
La ministre déléguée a dévoilé ces aides lors d’un déplacement chez Votat à Pont-Sainte-Maxence (Oise). Lauréate du plan de relance, cette PME se spécialise notamment dans l’emboutissage de pièces métalliques, un métier fortement exposé à la transition électrique.
Des projets structurants
«Ce fonds a vocation à soutenir des projets de diversification visant à développer ou industrialiser de nouveaux produits et procédés de fabrication, en lien avec le véhicule électrifié et ses composants, ou vers des segments porteurs en dehors de l’automobile», détaille le ministère de l’Économie dans un communiqué. Le plan de relance distribuait des enveloppes à partir de 200 000 euros. Cette fois, l’État veut soutenir des projets plus gros et plus structurants. Le montant minimal de chaque projet lauréat devrait être de 1 million d’euros pour les PME-ETI et de 2 millions d’euros pour les grands groupes. Plus de détails sur l’appel à projets doivent être dévoilés le 17 décembre.

- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
Contexte de crise pour les sous-traitants
Face à la ministre, plusieurs dirigeants de la filière automobile ont décrit leurs difficultés actuelles : gérer l’inflation des matières premières, répondre aux nouvelles réglementations, trouver les compétences nécessaires pour se diversifier… «Nous sommes les derniers à fabriquer des plaquettes de frein en France. Deux de nos concurrents ont jeté l'éponge dans les 18 derniers mois», a confié Nicolas Lainé, directeur financier Europe chez Mat Friction. Dans ce contexte de crise, la Plateforme automobile (PFA) prévoit un travail de médiation pour sensibiliser les sous-traitants aux marchés d’avenir. Deux personnes ont été nommées pour accomplir cette mission : Didier Sepulchre de Condé, ancien PDG de NTN-SNR roulements, et Patrick Thollin, président du conseil de surveillance d’EFI Automotive.
Accompagner les régions sinistrées de l’automobile
«Les mutations de la filière automobile se concentrent sur des territoires souvent déjà fragilisés, avec le risque de voir une entreprise en restructuration impacter l’ensemble du bassin d’emploi», regrette le gouvernement. Fort de ce constat, l’État va mobiliser 100 millions d’euros pour accompagner ces régions sinistrées. Le ministère de l’Économie établit un double objectif : «élaborer une stratégie de retournement pour le territoire d’une part, identifier et accélérer des projets porteurs d’autre part.»
Ces annonces interviennent après une année noire pour les fournisseurs automobiles. En 2021, le gouvernement a été interpellé sur la fermeture de plusieurs sites emblématiques comme la fonderie Sam à Viviez (Aveyron). «Il y a des cas individuels qui se distinguent du reste de la filière, observe une source au cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Il y avait eu des redressements judiciaires successifs avec des actionnaires défaillants qui n’avaient pas fait d’investissement depuis de nombreuses années.»



