Les salariés de LSI, ex GM&S, inquiets pour l’avenir de l’usine de La Souterraine

Les 110 salariés de l’entreprise LSI, sous-traitant automobile, craignent pour la pérennité du site de La Souterraine (Creuse) repris en 2017 par le groupe GMD, face à  la baisse des commandes promises par Stellantis (ex PSA) et Renault. Le président de GMD écarte à ce stade l'hypothèse d'un dépôt de bilan.

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LSI La Souterraine (AFP usage unique)
LSI (ex-GM & S) n'est pas encore sorti d'affaire.

Quatre ans après la reprise par le groupe français GMD, l’usine LSI de La Souterraine (Creuse), spécialisée dans l’emboutissage et l’assemblage de pièces pour l’industrie automobile (anciennement appelée GM&S), est à nouveau menacée d’un dépôt de bilan. C’est l’annonce qui a été faite aux représentants du personnel, le 8 décembre, lors d’une réunion avec le ministère de l’Economie et des finances qui suit le dossier depuis le début. Les commandes promises par les constructeurs lors de la reprise, un volume de 12 millions d'euros pour Stellantis (PSA) et 10 millions pour Renault, n’ont pas été honorées, plongeant l’entreprise dans une situation financière intenable.

« Dès le départ, les constructeurs s’étaient engagés sur des volumes de chiffres d’affaires qu’ils n’ont jamais tenus, constate Patrick Brun, le délégué CGT. Les volumes n’ont fait que baisser pour atteindre 2,7 millions d'euros cette année pour Stellantis et 4 millions pour Renault.La plus belle année, c’était 2019 avec 4 millions de Stellantis et 6 pour Renault. Et la crise n’a pas arrangé la situation. Tous les ans, on a perdu entre 2 et 2,5 millions. Cela a épuisé le fonds sous séquestre abondé par les constructeurs et l’État qui a servi à payer les salaires et le reste. GMD n’a pas sorti un seul centime pour l’usine de La Souterraine. » Quelques machines neuves sont bien arrivées, payées par le fonds sous séquestre de 15 millions selon lui, mais elles n’ont jamais tourné «car les commandes ont été faites ailleurs, à l’étranger.»

La reprise n’a donc pas tenu ses promesses pour le représentant du personnel qui redoute une liquidation de la société. « Alain Martineau, le président de GMD, est prêt à déposer le bilan, affirme-t-il, cela fait plus de six mois qu’on discute avec Bercy pour trouver une solution, pour que l’usine dure le plus longtemps possible, au moins quatre ou cinq ans pour amener un maximum de gens à la retraite. On sent qu’il n’y a pas la volonté de continuer, le site semble sacrifié.»

« Des pistes pour remettre du travail »

Contacté par L'Usine Nouvelle, Alain Martineau réfute catégoriquement son intention de déposer le bilan. «Bercy a fait un démenti dans ce sens, assure-t-il, on essaye toujours de se battre pour sauver le site. Nous avons des pistes dans les semaines pour remettre un peu de travail chez LSI, on devait y arriver. J’espère pouvoir annoncer des bonnes nouvelles début janvier.» Concernant les volume promis par les constructeurs, il convient que ce n’est pas ce qui avait été annoncé mais «avec le Covid et le problème des composants, cela ne roule pas fort pour notre filière.»

Des actions envisagées pour janvier

Les 110 salariés de LSI sont des rescapés parmi les 277 salariés de GM&S qui avaient remporté une victoire amère après des mois d’une lutte acharnée. L’usine avait été reprise par GMD en janvier 2018 au prix de 157 licenciements. Leur combat avait été très médiatisé au moment de la campagne présidentielle, les salariés menaçant de faire sauter leur usine en cas de liquidation. Le ministre de l’Economie et des finances Bruno le Maire avait hérité du dossier. Aujourd’hui, une soixantaine d’anciens salariés sont sans solution, la plupart sont en CDD ou en intérim et 42 toujours inscrits à Pôle Emploi.

SI devrait clôturer l’année avec 11 millions d’euros de chiffre d’affaires mais « iI en faudrait 18 pour être à l’équilibre, remarque Patrick Brun, nos productions vont s’arrêter, elles sont déjà doublées ou triplées sur d’autre sites donc ils n’ont plus besoin de nous. » Actuellement, les salariés chôment un à deux jours par semaine faute de commandes. Après les fêtes de Noël, ils envisagent de mener des actions musclées : « on va aller voir la magie des usines comme dit la ministre Agnès Pannier-Runacher, on réfléchit à ça pour début janvier... si on est toujours vivant. »

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