SKF Aerospace s’apprête à supprimer 123 postes à Lons-le-Saunier

L’équipementier industriel suédois SKF Aerospace prévoit la suppression de 123 postes sur son site de Lons-le-Saunier (Jura). Le 15 septembre, les syndicats en ont été informés à l’occasion d’un CSE.

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Flotte d'avions Airbus
SKF Aerospace, sous-traitant d'Airbus, est touché de plein fouet par les difficultés du secteur aéronautique. L'industriel prévoit la suppression de 123 postes sur son site de Lons-le-Saunier (Jura).

La direction de SKF a annoncé la mise en place d’un plan de relance stratégique qui devrait conduire à la suppression de 123 emplois et à la création de 13 nouveaux postes sur son site basé sur la zone industrielle de Lons-Perrigny à Lons-le-Saunier (Jura).

L’entité jurassienne emploie 350 personnes et est spécialisée dans la réalisation de rotules de trains d’atterrissage et autres équipements pour l’aéronautique, pour Airbus notamment. "La direction justifie sa démarche par une baisse de 40% du chiffre d’affaires à cause de l’impact de la crise sanitaire sur le secteur aéronautique", explique Pascal Loureiro, délégué syndical CGT chez SKF.

De son côté, la direction détaille le contexte de son plan de relance SKF Aerospace 2023: "Afin de répondre à un environnement de marché incertain, marqué par un phénomène de concentration des avionneurs exerçant des pressions croissantes sur les prix et les conditions de vente et, d’autre part, par un effondrement brutal de la demande de nouveaux appareils lié à la pandémie de coronavirus, l'entreprise doit renouer avec une croissance durable, en préparant les équipes aux métiers de demain et aux meilleures pratiques industrielles pour gagner en compétitivité. Le groupe prévoit notamment des investissements de modernisation et de productivité mais aussi adapter son organisation à son volume d’activité actuel."

"L’activité sera encore inférieure de 38 % à la situation 2019 et la reprise anticipée pour 2022 et 2023 devrait être lente (- 21 % en 2023)", précise la direction du groupe.

"L’an dernier, SKF a fait un bénéfice de 17 millions d’euros et de 80 millions d'euros su r les six dernières années. Au regard de ces résultats, il pourrait faire le dos rond en 2020 pour soutenir l’emploi", rétorque Pascal Loureiro.

Le début des discussions

Suite au CSE qui s’est déroulé le 15 septembre, le syndicat, informé des projets du groupe, entend "batailler" pour réduire le nombre de suppressions de postes. "Nous visons également l’obtention de l’allocation d’activité partielle longue durée pour maintenir les personnes en place", précise pascal Loureiro. En plus de limiter les répercussions sociales pour de nombreuses familles, le représentant syndical souhaite réduire la perte des savoir-faire: "La quantité et la localisation de certaines suppressions de postes pourraient entraver la pérennité du site à long terme car nous avons des métiers spécifiques".

Jeudi 17 septembre, la CGT organise une grève conjointe à l’ensemble des sites SKF et invite les autres syndicats à les rejoindre pour "refuser les reculs sociaux". A Lons-le-Saunier, le prochain CSE prévu le 22 septembre lancera les négociations.

Le groupe SKF, parmi les leaders mondiaux dans le secteur des roulements mécaniques, affichait un chiffre d’affaires de 8,1 milliards d’euros en 2019.

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