Le patron d’Airbus ne cache plus le risque de départs contraints

Dans le cadre de son plan visant à supprimer 15 000 postes dans le monde, Airbus sera sans doute amener à effectuer des départs contraints. Le président exécutif de l’avionneur, Guillaume Faury, a prévenu ses salariés dans un courrier interne.

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Guillaume FAURY
Le patron d'Airbus vient de prévenir: le groupe devra sans doute effectuer des départs contraints dans le cadre de son plan de suppressions de postes.

La casse sociale semble désormais inévitable chez Airbus. Et le président exécutif, Guillaume Faury, s’en est ouvert dans un courrier interne adressé aux salariés vendredi 11 septembre, et dont L’Usine Nouvelle a pu avoir accès. "L’équipe de direction travaille en concertation avec les partenaires sociaux sur les modalités de notre plan d’adaptation, explique le dirigeant. Mais je veux être transparent avec vous ici : il me semble peu probable que les départs volontaires suffiront. Nous nous employons à minimiser autant que possible l’impact humain de cette adaptation." Une restructuration historique causée par la chute du trafic aérien provoquée par l’épidémie de Covid-19.

Un avertissement qui intervient en pleine concertation entre la direction et les partenaires sociaux pour définir les modalités de mise en œuvre du plan de réduction des effectifs annoncé fin juin. A savoir : 15 000 suppressions de postes dans le monde, soit 11% des effectifs du groupe, dont 5 000 en France et 5 100 en Allemagne. "Notre équipe de direction et notre conseil d'administration sont déterminés à limiter l'impact social de cette adaptation", avait alors expliqué la direction dans un communiqué. La possibilité de départs uniquement basés sur le volontariat semble donc être partie en fumée, au grand dam des syndicats.

Une crise plus longue que prévue

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"Ainsi, si elles sont douloureuses à court terme, nos mesures d’adaptation n’en restent pas moins une nécessité, détaille Guillaume Faury dans ce courrier au ton plus sombre encore que celui publié en avril dernier. Nous devons retrouver notre équilibre industriel et financier le plus rapidement possible. Les résultats semestriels que nous avons publiés fin juillet ont montré que nos coûts avaient largement dépassé nos revenus pendant cette crise. Nous prenons des mesures visant à rétablir notre équilibre en adaptant notre production, nos achats, nos projets, nos investissements et, malheureusement aussi nos effectifs."

Pour rappel, Airbus a publié un chiffre d’affaires de 18,9 milliards d’euro, en baisse de 39%, et une perte nette de 1,9 milliard d’euros au premier semestre 2020. Et l’avionneur n’est d’ailleurs pas le seul, loin de là, à voir ses indicateurs financiers dans le rouge en raison de la baisse d’activité et à réduire du coup ses effectifs en France et dans le monde : c’est le cas par exemple de Safran, de Daher, de Derichebourg, de AAA, de Sogeclair… Depuis quelques mois, les PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) se sont multipliés dans le secteur.

"Malheureusement, la reprise du trafic aérien pendant l’été n’a pas été à la hauteur des attentes du secteur aéronautique, argue dorénavant Guillaume Faury. Nous devons donc nous préparer à une crise probablement plus profonde et plus longue que ne le laissaient supposer les précédents scénarios." Alors qu’un retour du trafic aérien au niveau de 2019 n’est pas attendu avant 2024 désormais, Airbus a prévu depuis fin juin une réduction de sa production de l’ordre de 40% en 2020 et en 2021. Les propos du dirigeant de l’avionneur européen laissent également à penser que cette réduction pourrait baisser encore davantage.

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