Sans nouvelles commandes à l’export, Airbus s'interroge sur le futur de l'A400M

À l’occasion de la publication de ses résultats annuels 2024, Airbus a annoncé des charges supplémentaires pour sa branche spatiale. Sans commandes supplémentaires d’A400M à l’export, l’avionneur devra s’interroger sur la pérennité de sa chaîne d’assemblage située à Séville (Espagne).

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A 400M Airbus
Airbus ne dispose plus que de 48 appareils A400M dans son carnet de commandes. Il en a livré sept l'an dernier.

L’A400M et l’activité de production de satellites continuent d’entacher la bonne santé industrielle d'Airbus. Le 20 février 2025, le groupe a indiqué que la restructuration de ses activités spatiales et de défense était sa priorité en 2025, avec la montée en puissance de la production de ses avions commerciaux.

Et pour cause, ces activités ont généré une charge de plus 400 millions d'euros pour le dernier trimestre de l’exercice 2024, plombant sa profitabilité. Airbus fait état de nouvelles charges pour ces deux domaines, soit 118 millions d’euros pour l’avion de transport militaire et 300 millions d’euros pour les satellites. En octobre dernier, le groupe avait annoncé la suppression de jusqu’à 2500 postes sur cette division qui compte 35000 salariés. Grâce à la commande de 25 Eurofighter par l’Espagne, la branche de la division Défense et Espace affiche toutefois un carnet de commandes en hausse de 11%, et un chiffre d’affaires à 12 milliards d’euros en hausse de 5% par rapport à 2023. Elle pèse pour 17,5% de l’activité du groupe.

Consolidation à l'échelle européenne

Dans le domaine spatial, Airbus continue d’être sur la défensive. Le groupe doit faire face à une baisse du marché des satellites de télécommunications et à la concurrence d’acteurs nouveaux comme SpaceX. Ce dernier change la donne avec le déploiement de sa constellation Starlink qui offre des connexions Internet à l’échelle du globe. «Nous avons travaillé en 2024 à solidifier les bases de l’activité et nous nous concentrons désormais sur l'amélioration de ses performances à travers un plan de redressement dédié et spécifique au spatial», a précisé Guillaume Faury, PDG du groupe.

Ce dernier a justifié les discussions de rapprochement que son groupe mène avec les groupes Leonardo et Thales : «Nous considérons que nous sommes sous-dimensionnés par rapport à ce qui se passe notamment aux États-Unis, où il y a beaucoup plus d'argent investi auprès de très grands acteurs». Plusieurs scénarios de consolidation sont à l’étude. Ils ne concernent que l’activité des satellites et des services associés, les lanceurs en étant exclus.

Le dirigeant ne s’est pas engagé sur le moindre calendrier pour la signature d’un accord. Une provision pour restructuration est attendue alors que les discussions sont toujours en cours avec les partenaires sociaux concernant la réorganisation de l’activité spatiale.

Des synergies sur les programmes d'avion de combat du futur

Par ailleurs, l’A400M reste également un sujet de préoccupation. La charge financière associée au programme reflète en partie les risques pour le plan de production. Cela fait des années en effet que le groupe n’a pas enregistré de nouvelles commandes, d’où des interrogations concernant un ralentissement voir un arrêt de la chaîne d’assemblage située à Séville en Espagne. Airbus a livré seulement sept appareils l’an dernier, dont le premier pour le Kazakhstan.

Pour autant, la direction estime qu’elle dispose encore de temps pour éviter une telle conclusion. «Nous avons encore 48 appareils en carnet de commandes. Cela nous donne 3 ans de visibilité», temporise Guillaume Faury. Des campagnes de prospection à l’export sont engagées, mais tardent à se matérialiser, selon le dirigeant.

Concernant le programme du système de combat aérien du futur (SCAF) soutenu par la France, l’Allemagne et l’Espagne, la direction d'Aribus s’est dit ouverte à des coopérations avec le programme concurrent GCAP défendu par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon et avec pour chef industriel le groupe britannique BAE Systems. «Je pense qu'il existe de nombreuses complémentarités qui pourraient être mises en synergie et je suis d'accord avec le point de vue exprimé par BAE Systems selon lequel il y a de la place pour rapprocher les programmes.»

Toutefois, une telle décision ne pourrait être que du ressort des États qui financent ces programmes. Cela pourrait-il aller jusqu’à une fusion des programmes ? «Je pense que ce n’est absolument pas à l’agenda à court terme». Le programme SCAF doit d’ailleurs passer à un nouveau stade où les pays contributeurs doivent s’accorder sur les capacités essentielles à développer en priorité pour le futur appareil.

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