Sanofi annonce 1,6 milliard d’euros d’investissements sur dix ans dans l’ARNm en France

Le laboratoire pharmaceutique français accélère ses investissements dans la technologie ARNm. Sanofi prévoit d’engager 935 millions d'euros d’ici à 2026 en France, et jusqu’à un total de 1,6 milliard au cours des dix prochaines années. Les efforts concernent la R&D mais aussi de possibles investissements industriels.

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Fabrication de vaccins Sanofi Marcy l'Etoile
A côté de son centre névralgique mondial dans les vaccins de Marcy-L'Etoile (Rhône), Sanofi a posé le 7 mars 2022 à Neuville-sur-Saône la première pierre de sa future usine modulaire et digitale de vaccins.

En 2021, Sanofi avait clairement affiché ses ambitions mondiales dans l’ARNm. L’an dernier, le laboratoire français indiquait vouloir consacrer 400 millions d’euros d’investissements par an jusqu’en 2025, soit environ 2 milliards d’euros au total, pour développer cette technologie qui a révolutionné les vaccins avec la pandémie. Il a aussi acquis son partenaire américain Translate Bio pour 3,2 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros). De quoi combler son retard, et se placer aux avant-postes de l’ARNm. Sanofi précise désormais que la France sera au cœur de ses efforts dans le domaine. Sur les 2 milliards d’euros d’investissements entrevus jusqu’en 2026, 935 millions seront injectés sur le territoire. Le montantinvesti en France pourrait même atteindre 1,6 milliard sur dix ans, indique le groupe. L’annonce est intervenue le 7 mars lors de la pose de la première pierre, par le Premier ministre Jean Castex, de la future usine modulaire de vaccins, l’Evolutive vaccines facility (EVF) sur le site de Sanofi à Neuville-sur-Saône (Rhône).

Olivier Bogillot décrit cette annonce comme une « accélération en France » pour le développement de l’ARNm. Le président de Sanofi France explique à l’Usine Nouvelle que l’objectif est de doter la France « de capacités end-to-end [chaîne de valeur complète, ndlr], allant de la R&D à la production de lots cliniques, de nanoparticules lipidiques, aux productions de l’EVF ». Soulignant qu’en matière d’ARNm, « nous n’en sommes qu’aux débuts ». Si l’utilisation de l’ARNm est envisagée depuis une vingtaine d’années, ce n’est qu’avec les vaccins contre le Covid-19 que sont survenues les premières applications pharmaceutiques concrètes.

Concevoir une nouvelle génération de vaccins ARNm

De fait, beaucoup reste à faire en termes de recherche et de développement. Ce qui signifie beaucoup de financements à trouver. Olivier Bogillot note que Sanofi veut aller plus loin que cette « première génération de vaccins » et vise la mise au point de vaccins « thermostables, conservables au réfrigérateur », alors qu’ils nécessitent aujourd’hui d’être placés en congélateur. Il évoque aussi des vaccins ARNm se présentant directement en « seringues pré-remplies » ou contenant « plusieurs antigènes » au lieu d’un seul.

Des efforts massifs de R&D...

Les efforts de R&D concentreront ainsi la très grande partie des 935 millions d’euros que Sanofi investira en France jusqu’en 2026 pour l’ARNm. Ce qui passera par de la recherche en interne, avec deux centres d’excellence: l'un installé à Lexington, près de Boston aux Etats-Unis, au sein des infrastructures de Translate Bio, et l'autre à Marcy-L’Etoile (Rhône), centre névralgique des vaccins de Sanofi dans le monde. C’est là que le groupe construit pour 120 millions d’euros (non compris dans le plan annoncé) un nouveau bâtiment de R&D pour développer des vaccins contre les maladies émergentes et les risques pandémiques. Prévu pour entrer en service fin 2024, ce centre de recherche français devrait permettre la création de 130 emplois. Les efforts de R&D passeront aussi par des collaborations, notamment avec des organismes académiques, comme avec le CEA et le CNRS.

...Et en production

Côté production, il y a bien sûr la construction de l’usine EVF à Neuville-sur-Saône, avec 200 emplois à la clé. Annoncé en juin 2020 pour un investissement de 490 millions d’euros, ce projet doit permettre à Sanofi de disposer, dès la fin 2025, d’une usine modulaire et digitale unique au monde, capable de produire 3 à 4 vaccins en simultané, en particulier pour faire face aux risques pandémiques. Au départ, l’EVF n’était pas centrée sur des vaccins ARNm. Le projet n’est d’ailleurs pas inclus dans l’enveloppe de 935 millions d’euros dédiée à l’ARNm, mais l’usine participera à ces futures productions.

Six candidats vaccins ARNm en 2025

Désormais, Sanofi ambitionne de mettre au point jusqu’à six vaccins candidats ARNm à l’horizon 2025. En termes de cibles, la grippe est une priorité à « très court terme » selon Olivier Bogillot, Sanofi étant leader mondial de ce segment de vaccins. Mais le laboratoire ambitionne de développer des vaccins ARNm contre la chlamydia, le virus respiratoire syncytial et même contre l’acné. L’ARNm devrait aussi entrer dans des domaines thérapeutiques, notamment en oncologie et contre les maladies rares. L’EVF sera aussi capable de produire des anticorps monoclonaux, notamment.

Nanoparticules lipidiques

Si l’enveloppe de 935 millions d’euros financera essentiellement des efforts de R&D, elle est aussi dévolue à quelques développements industriels. En particulier pour produire des composants essentiels des vaccins ARNm. « Nous allons investir dans des capacités de production de nanoparticules lipidiques », confirme ainsi Olivier Bogillot, précisant que ce sera soit en interne, soit en partenariat. Les projets ne sont pas encore dévoilés. Mais ces capacités seront nécessaires avant la mise en service de l’EVF, pour que cette usine soit bien en mesure de produire des vaccins ARNm, donc avant la fin 2025.

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