La campagne est lancée. Depuis le 15 septembre, les premières doses du Beyfortus sont disponibles en France. Ce produit est destiné aux nouveaux-nés et nourrissons pour les protéger du virus respiratoire syncitial (VRS), dont les infections peuvent déboucher sur des bronchiolites parfois sévères. Comme l’hiver dernier, avec plus de 26 000 hospitalisations recensées.
Ce médicament préventif n’est pas un vaccin mais un anticorps monoclonal, qui se présente sous une forme injectable en seringue et ne nécessite qu’une seule injection, sans rappel. Titulaire d’une autorisation de mise sur le marché dans l’UE depuis l’automne 2022 – et aussi approuvé au Canada, en Grande-Bretagne ou encore dernièrement aux Etats-Unis – le Beyfortus a été autorisé au remboursement par la Haute autorité de santé (HAS) en France cet été. Codéveloppé par le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca et le français Sanofi, les premières doses sont désormais disponibles sur le territoire français. Santé Publique France a sécurisé 200 000 doses pour cette première campagne, prévue pour s’étaler jusqu’à fin janvier 2024.
Toutes les doses européennes expédiées depuis la Normandie
Sanofi est en charge de sa distribution et de sa commercialisation dans le monde entier. En France, comme dans l’ensemble de l’Europe, le laboratoire français le distribue à partir de sa plateforme de Val-de-Reuil, dans l’Eure. Le groupe ne dévoile pas le nombre de doses expédiées pour cette campagne en France et dans toute l’Europe. Charles Wolf, directeur France des vaccins Sanofi indique juste que dans l’Hexagone «la population cible est estimée à environ 700 000 bébés par an». Sur la plateforme normande, les doses sont expédiées dans des cartons estampillés «urgent vaccins». La distribution sur le marché nord-américain s’effectue, elle, depuis d’autres sites outre-Atlantique.
photo Pascal Guittet Début septembre, les lignes de préparation des colis de doses de Beyfortus pour la France et l'Europe tournaient à plein régime sur le site de Sanofi à Val de Reuil (Eure). (© Pascal Guittet).

Engagé depuis 2017 avec Astrazeneca sur le développement du Beyfortus, Sanofi ne produit pas. Le laboratoire français est en charge des activités de commercialisation et de comptabilisation des revenus. Chargé du développement, AstraZeneca est ainsi seul fabricant. Dans le dossier enregistré auprès de l’Agence européenne du médicament (EMA), le responsable du principe actif est décrit comme le site d’AstraZeneca à Frederick dans le Maryland (Etats-Unis) tandis que le complexe du laboratoire anglo-suédois à Södertälje, en Suède, est désigné responsable de la libération des lots, donc de l’autorisation de mettre les doses à disposition des marchés après production et contrôle analytique. AstraZeneca ne dévoile pas où se situe sa production. De son côté, Sanofi assure que pour les doses distribuées depuis Val-de-Reuil, tout est fabriqué aux Etats-Unis.
Sanofi Le Beyfortus n'est pas un vaccin mais un anticorps monoclonal, qui s'injecte directement dans la cuisse des bébés, conférant une protection dès le 6e jour et pendant 5 mois.



