Sanofi inaugure la centrale photovoltaïque qui va alimenter son site d’Aramon (Gard) ce 21 juillet 2023. L’occasion de rappeler ses engagements environnementaux et de poser les objectifs de ses investissements en France, à hauteur d’un milliard d’euros sur trois ans. Une somme qui correspond à « un investissement annuel de 300 à 400 millions d’euros » de 2023 à 2026 et qui permettra d' « accélérer le déploiement de sa stratégie industrie verte », précise le groupe pharmaceutique dans son communiqué de presse.
Sur ce montant annuel, 50 millions seront dédiés strictement « à la décarbonation des sites industriels ». Toutefois, les autres investissements se dirigent aussi dans ce sens, même indirectement. « Aujourd’hui, systématiquement, aucun investissement [de Sanofi] dans de nouvelles capacités, de nouvelles technologies, ne sera approuvé s’il ne comprend pas une part significative de décarbonationdès sa conception », rappelle Philippe Charreau, responsable des affaires industrielles chez Sanofi France, à L’Usine Nouvelle. Consommation d’énergie et d’eau, optimisation de la production, emballages… Les objectifs du groupe sont clairs : « la neutralité carbone à horizon 2030 et zéro émission en 2045 ».
50% d’électricité autoproduite à Aramon
Le groupe, dont 40% de la production est installée en France, rappelle dans son communiqué des investissements déjà effectués et d'autres engagements pris. Actuellement en construction, l’usine évolutive de Neuville-sur-Saône (Rhône) nécessitera une enveloppe de 490 millions d'euros. Elle vise maintenant « la certification LEED pour être quasi neutre en carbone dès son lancement en 2025 ». Ce milliard annoncé servira à terminer cette usine polyvalente, mais aussi à de nombreux autres projets.
Concernant la consommation d’énergie, Sanofi veut à la fois faire des économies et s’autoalimenter. « L’énergie qui coûte le moins cher, c’est celle qu’on ne consomme pas : l’objectif est de faire moins 15% de consommation d’ici 2025 », note Philippe Charreau. Le groupe a déjà ouvert une centrale photovoltaïque reliée à son site de Montpellier (Hérault), et celle d’Aramon (Gard), inaugurée ce 21 juillet 2023, n’en est qu’à sa première phase. Elle va couvrir 11% des besoins électriques du site, mais « l’objectif est de développer de nouvelles installations sur le site pour atteindre 50% d’autoconsommation », développe le communiqué.
Fabien Malot Le site d'Aramon a également réduit sa consommation de 75% en dix ans. Crédits : Fabien Malot
Philippe Charreau annonce des projets similaires, comme « à Sisteron, également un site de production chimique, avec une taille et une capacité supérieure à celle d’Aramon. On vise plutôt 20 à 25% » des besoins électriques du site dès l’ouverture. Neuville-sur-Saône et Ambarès (Gironde) bénéficieront également d’un parc photovoltaïque. Et le reste de l’électricité consommée par les sites tricolores est déjà issu de sources renouvelables. Mêmes ambitions pour la consommation d’eau : « A Aramon, on l’a réduite de 75% en dix ans », souligne le responsable des affaires industrielles. Le groupe pharmaceutique veut « minimiser son utilisation et la recycler au maximum » sur tous ses sites.
100% des nouveaux produits éco-conçus en 2025
Et la décarbonation passe aussi par la transformation des lignes de productions, qui basculent vers « la chimie en continu », système « beaucoup moins consommateur en énergie, en solvant, et qui génère beaucoup moins de déchets », explique Philippe Charreau. Un pilote doit être inauguré à Sisteron en septembre et d’autres lignes de production vont être modifiées au fur et à mesure. Les lignes de packaging sont aussi concernées : « D’ici 2025, 100% des nouveaux produits de santé seront éco-conçus et à horizon 2030, tous les grands produits » suivront. Le 100% carton s’intègre déjà progressivement aux vaccins produits à Val-de-Reuil (Eure) : « à horizon 2027, il n’y aura plus de plastique dans les vaccins Sanofi ».
« En tant qu’entreprise de santé, Sanofi est aux premières loges pour constater les dégâts sanitaires causés par les dérèglements du climat. Nous devons donc à la fois accélérer nos efforts de recherche pour découvrir de nouveaux traitements pour les patients et intégrer encore davantage l’enjeu environnemental dans nos procédés industriels. Ces actions portent leurs fruits puisque Sanofi a déjà réduit de 29% ses émissions de gaz à effet de serre en France depuis 2019 », soutient Audrey Deverloy, présidente de Sanofi France, citée par le communiqué. Le secteur de la santé représente environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effets de serre, et 8% des émissions en France.



