Le jour même où la nouvelle édition de Choose France annonce plus d’un milliard d'euros de nouveaux investissements étrangers dans la santé, Sanofi dégaine un plan d’investissement majeur : 1,11 milliard d’euros pour muscler ses capacités de production dans l’Hexagone. Les efforts engagés portent sur deux sites dans le Rhône et en Normandie, ainsi que sur la construction d’une nouvelle usine de biomédicaments dans le Val-de-Marne, à Vitry-sur-Seine, au cœur du complexe stratégique de Sanofi pour son expansion dans les biotechnologies. Au total, le laboratoire tricolore prévoit la création de 500 emplois pour l’ensemble de ces projets.
Le plus gros investissement industriel de Sanofi en France
Le plus grand projet concerne donc la future usine de Vitry. Sanofi va investir 1 milliard d’euros pour doubler les capacités de production d’anticorps monoclonaux de son complexe. Cela représente le plus grand investissement industriel jamais engagé par le groupe en France. 350 emplois sont entrevus pour ce principal volet industriel. L'objectif est de pouvoir se doter de l’outil destiné à produire les futurs médicaments du groupe.
Fin 2023, Sanofi avait dévoilé un plan ambitieux tablant sur 12 blockbusters – ces médicaments à plus de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an – dont 9 pourraient être mis sur le marché d’ici à 2027. C’est donc en France que Sanofi s’appuiera en partie pour la production de ces futurs relais de croissance, essentiellement dans le domaine de l’immunologie. A Vitry, le laboratoire prévoit des perspectives de production de biomédicaments (thérapies biotechnologiques) en développement aujourd’hui dans les aires de la bronchite chronique, de l’asthme, de la sclérose en plaques et du diabète de type 1. Le calendrier n’est pas encore dévoilé. Un porte-parole évoque un «horizon 2030», sachant que «pour ce type de projets, il faut généralement entre quatre et cinq ans».
Sanofi investira 100 millions d'euros en Normandie et 10 millions à Lyon
Les deux autres projets industriels seront «menés beaucoup plus rapidement», indique-t-on chez Sanofi, sans non plus préciser le calendrier. Au Trait, en Seine-Maritime, 100 millions d’euros seront injectés, et 150 emplois directs créés. Le projet concerne l’augmentation des capacités de bioproduction, donc de biomédicaments. Il s’agira d’étapes secondaires de production, donc axées sur la formulation, le remplissage, l’assemblage et le conditionnement, que ce soit pour des médicaments biotechnologiques et des vaccins.
Le troisième et dernier projet sera conduit sur le site biotechnologique de Sanofi Genzyme à Lyon Gerland (Rhône). D’un montant de 10 millions d’euros, il concerne la localisation du principe actif de Tzield, un anticorps monoclonal indiqué dans le traitement du diabète de type 1. Ce biomédicament obtenu lors de l’acquisition du laboratoire Provention Bio en 2023 pour près de 3 milliards d’euros est actuellement déjà approuvé et commercialisé aux Etats-Unis, pas encore en Europe. Un porte-parole de Sanofi précise que le principe actif du Tzield est «actuellement produit aux Etats-Unis». Il le sera à l’avenir depuis la France, avec les étapes secondaires prévues au sein du complexe de Sanofi à Francfort, en Allemagne.
Sanofi critiqué pour ses plans de restructuration
Ces nouveaux projets industriels de Sanofi dans l’Hexagone viennent s’ajouter à ceux entrepris ces dernières années sur le territoire. En premier lieu avec la construction, en cours, d’un complexe innovant de bioproduction pour biomédicaments et vaccins (dont à ARNm) à Neuville-sur-Saône (Rhône), ou encore la récente extension de son site de vaccins antigrippe à Val-de-Reuil (Eure).
Ces annonces interviennent aussi dans un contexte délicat pour le laboratoire, très décrié pour avoir enchaîné plusieurs plans de restructuration de ses effectifs en France en R&D, le dernier en date au début du printemps suite à la décision de se détourner de l’oncologie pour mieux se concentrer sur l’immunologie. Les critiques n’épargnent pas non plus la décision du groupe de se séparer en 2022 d’une partie de sa production chimique, pour le compte de clients tiers, regroupée aujourd’hui au sein d’EuroAPI dont les résultats ne sont guère encourageants dernièrement.



