Sanofi revoit sa stratégie R&D entraînant la suppression de 331 postes en France

Après plusieurs échecs en oncologie, Sanofi révise sa stratégie R&D pour se concentrer sur l'immunologie. Une décision qui va entraîner la suppression de 331 postes en France, dont 288 sur le site de Vitry-sur-Seine, et 1 200 dans le monde.

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Sanofi veut réduire ses effectifs sur l'oncologie et annonce la suppression de 331 postes en France, principalement sur les sites de Vitry-sur-Seine et de Montpellier.

[Mis à jour le 16 avril 2024 - Ajout des postes supprimés par site français]

Ils s’y attendaient depuis la fin de l'année dernière et l’annonce par Sanofi de réviser sa stratégie R&D pour les années à venir. Les syndicats ont appris, le 28 mars 2024, le nouveau cap voulu par la direction du laboratoire français : se désengager de la recherche en oncologie pour recentrer ses activités sur l’immunologie. En effet, après plusieurs échecs récents sur des médicaments oncologiques comme l'amcenestrant qui avait échoué en phase III, en 2022, Sanofi ne veut plus poursuivre ses investissements dans ce domaine. Une décision qui entraîne la suppression de 331 postes en France (sur les 3 600 salariés R&D français du groupe), principalement « des chercheurs, des chimistes et des postes connexes liés à la recherche en oncologie », nous précise une source syndicale et 1 200 dans le monde. « Pour rester compétitifs, nous devons prioriser nos investissements et nos projets de recherche en immunologie », explique un porte-parole de Sanofi.  

Pour les partenaires sociaux, c’est un coup dur. Ils déplorent notamment les changements d’axes thérapeutiques à répétition du géant français. « Aujourd’hui, on nousannonce qu’on va devenir les champions de l’immunologie, mais c’est déjà ce qu’on nous disait concernant l’oncologie, et avant ça, concernant le cardio-vasculaire », se lamente Humberto de Sousa, coordinateur CFDT du groupe Sanofi. Or chaque modification de trajectoire R&D induit une requalification des chercheurs du groupe, dont certains ont été recrutés, il y a seulement quelques mois, pour travailler sur le développement de médicaments oncologiques, d'après le syndicat. Avec trois plans de départs en seulement quatre ans, Sanofi a déjà dû tailler dans ses effectifs, puisqu'en janvier 2021, il avait annoncé la suppression de 364 postes au sein de quatre centres de R&D en France. Certains d'entre eux ont d'ailleurs fermé leurs portes, comme celui de Strasbourg ,en janvier 2022. Cette fois, c'est le site de Vitry-sur-Seine qui sera le plus impacté avec la suppression de 288 postes. La restriction des effectifs concernera également le site de Montpellier qui devra se séparer de 26 collaborateurs, ainsi que celui de Gentilly qui verra le départ de 16 employés. 

Pourtant, Sanofi l’assure, la France reste au cœur de sa stratégie R&D. « Sur les 7 milliards d’euros investis en R&D, en 2023, environ 2,5 milliards d’euros l’ont été en France, et ce, malgré le fait que la France représente moins de 5 % de notre chiffre d’affaires, en 2023 », précise un porte-parole de Sanofi, qui compte un quart de ses collaborateurs présents dans l’Hexagone.

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Le laboratoire français a également présenté durant ce comité une révision de son accord sur la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) avec les syndicats. Ainsi, quelque 1000 postes supplémentaires pourraient être amenés à disparaître dans les années à venir, au fur et à mesure de l’évolution des activités de l’entreprise.

Les discussions autour de ce plan social viennent tout juste de démarrer. Pour le moment, aucune précision sur les modalités de départ ni sur le calendrier prévisionnel n’a été apportée, mais les syndicats craignent une série de départs forcés. « Certains parlent de plan de départs volontaires, mais aujourd’hui, Sanofi ne nous garantit pas qu’il n’y aura pas de départs contraints et, pour nous, c’est la ligne rouge », s’exclame Humberto de Sousa. 

Ces nouvelles suppressions de postes en R&D interviennent alors que Sanofi prépare également la séparation avec sa division Santé Grand Public pour l’introduire en Bourse, d'ici à la fin de l'année, et selon les conditions du marché. Une opération qui suscite des interrogations du côté des syndicats, alors que le produit phare de la division, le Doliprane (paracétamol), avait été régulièrement cité pendant la crise sanitaire comme un médicament stratégique dont la production devait être assurée en France.

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