Sanofi attend 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire de ses nouveaux médicaments d’ici à 2030

Face aux investisseurs et journalistes, Sanofi a évoqué le 7 décembre un potentiel de 12 médicaments et vaccins capables de générer des pics de ventes annuelles de 2 à 5 milliards d’euros par an chacun dans les prochaines années. Les nouveaux médicaments, principalement en immunologie, aire thérapeutique dont Sanofi veut devenir leader mondial, pourraient générer 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires d’ici à 2030.

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Sanofi vaccins à Val de Reuil (Eure)
Le laboratoire français Sanofi espère pouvoir mettre sur le marché, entre 2024 et au plus tôt 2027, 9 nouveaux médicaments et 3 vaccins, qui pourraient atteindre, chacun, des pics de ventes entre 2 et 5 milliards d'euros.

Dans le domaine de l’immunologie, «personne ne pourra rivaliser avec nous». C’est l’un des messages forts portés par Paul Hudson, directeur général de Sanofi, lors d’une présentation R&D le 7 décembre 2023 à New-York (Etats-Unis). Le patron du leader pharmaceutique français y a affiché une confiance absolue dans la stratégie «jouer pour gagner» qu’il met en oeuvre depuis son arrivée en 2019, assurant que, d’ici à 2030, les médicaments très récemment mis sur le marché ou en phase avancée de leur développement clinique devraient ajouter 10 milliards d’euros par an supplémentaires au chiffre d’affaires du groupe. Lequel s’élevait à 43 milliards d’euros en 2022.

12 "blockbusters" en puissance

Au total, Sanofi affirme détenir douze potentiels blockbusters, des produits générant un minimum 1milliard d’euros de chiffre d’affaires par an. Neuf nouveaux médicaments et vaccins, prévus pour être lancés sur le marché entre 2024 et au plus tôt 2027, seraient en mesure de générer, chacun, des pics annuels de ventes de 2 à 5 milliards d’euros. Il s’agit de traitements de la sclérose en plaques (tolebrutinib), de l’asthme (lunsekimig et rilzabrutinib), de maladies inflammatoires de l’intestin, de la dermatite atopique ou encore de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Trois vaccins sont attendus, contre l’acné, contre les souches pathogènes extra-intestinales de la bactérie E-coli, et les infections dues au virus respiratoire syncytial chez les personnes âgées. Enfin, trois autres molécules, l’amlitelimab, le frexalimab et le SAR441566, qui pourraient être disponibles à partir de 2027, pourraient générer, chacune, des pics annuels de ventes de plus de 5 milliards d’euros grâce à des applications dans de multiples indications, comme le diabète de type 1, l’asthme, ou le psoriasis, entre autres.

Sanofi remplirait ses ambitions «même si le développement de seulement la moitié de ces actifs aboutissait avec succès», a assuré Paul Hudson. Dans l’industrie pharmaceutique, les désillusions sont courantes, et tous les médicaments en développement clinique, même avancé, c’est-à-dire en phase III – la dernière étape - , n’arrivent finalement pas à atteindre leurs objectifs et ne parviennent pas à atteindre le marché. En 2022, le laboratoire français avait d’ailleurs dû renoncer au développement de l’amcenestrant, un des programmes prometteurs dans le cancer du sein.

Sanofi dépensera 700 millions d'euros de plus par an dès 2024 pour le développement de ses médicaments

Pour ne rien rater dans le développement de ses 12 blockbusters potentiels, Sanofi va ainsi redoubler d’efforts financiers. Fin octobre, le groupe avait annoncé qu’il augmenterait ses dépenses de R&D, déjà passées à 7 milliards d’euros en 2023 contre 5,5 milliards l’année précédente. Paul Hudson a dévoilé, le 7 décembre, que Sanofi ajouterait 700 millions d’euros par an pour le financement de sa R&D dès 2024 et que ce niveau serait maintenu au-delà. En précisant que ces efforts financiers supplémentaires seront «consacrés au D», donc au développement, pas au R, la recherche. En réalité, le développement est toujours ce qui est le plus délicat et surtout le plus coûteux pour une molécule, entre le financement des essais pré-cliniques, les différentes étapes d’essais cliniques chez l’humain, ou encore toutes les phases réglementaires à respecter.

L'exemple et le pari réussi du médicament Dupixent

La confiance dans les capacités de développement de Sanofi, Paul Hudson la trouve notamment dans l’exemple du Dupixent, initialement mis au point, en recherche, par le laboratoire américain Regeneron, avant d’être co-developpé avec le laboratoire français. «Nous avons développé Dupixent ici chez Sanofi et nous avons fait un boulot incroyable», s’est enthousiasmé le patron de Sanofi, alors que ce médicament multiplie les autorisations de mise sur le marché dans différentes applications, qu’il représente aujourd’hui presque un quart du chiffre d’affaires annuel du groupe, et qu’il atteindra dès cette année 2023 les 10 milliards d’euros de ventes, ce qui était son objectif initial. Il devrait même voir son chiffre d’affaires bondir à 13 milliards dès 2024, selon les nouvelles estimations du groupe. L’objectif du laboratoire est donc de ne rien rater du potentiel de son pipeline actuel en immunologie, lequel ne «soutient aucune comparaison avec aucun des autres acteurs majeurs de l’immunologie», affirme encore Paul Hudson, persuadé que Sanofi ne peut pas devenir autre chose que le leader mondial de cette aire thérapeutique dans les toutes prochaines années. Affaire à suivre.

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