Cela fait plusieurs années que la sortie de l’activité Santé Grand Public du périmètre de Sanofi est envisagée. Elle est désormais vouée à évoluer seule. Le laboratoire français a annoncé le 27 octobre 2023 qu’il se séparera bien de cette entité regroupant des médicaments à forts volumes et vendus parfois sans ordonnance, avec comme tête de gondole le Doliprane. Les modalités de ne sont pas encore connues. Toutes les options sont étudiées mais un spin-off avec une entrée en bourse séparée avec un siège social établi à Paris est «la plus vraisemblable», a confirmé Paul Hudson, le directeur général de Sanofi, lors d’une présentation téléphonique.
Cette possible introduction en bourse ne serait pas effective avant le quatrième trimestre 2024, donc d’ici un an. Sanofi n’a pas précisé s’il conserverait une part au capital, comme il l’avait fait en 2022 avec le spin-off de sa branche chimie pour le compte de tiers, EuroAPI.
L‘activité Santé Grand Public de Sanofi représente environ 12% du chiffre d’affaires total du groupe. En 2022, elle affichait des ventes de 5,1 milliards d’euros, en progression de 8,6% sur un an, sur un total de près de 43 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Elle rassemble près de 11 000 salariés dans le monde, et 13 sites industriels. En France, on recense les usines de Compiègne (Oise) et de Lisieux (Calvados) où un plan d’investissement pour augmenter les capacités de Doliprane vient d’être annoncé. D’autres sites sont implantés à Cologne (Allemagne, Origgio (Italie), Chattanooga (Etats-Unis, Ocoyoacac (Mexique), Suzano (Brésil) ou encore Narita (Japon). Les médicaments de cette entité sont répartis en quatre grandes catégories : allergies, toux et rhume ; douleur ; santé digestive ; et compléments alimentaires.
Une division déjà restructurée, avec un portefeuille passé de 250 à 125 marques
Depuis l’arrivée de Paul Hudson à la tête de Sanofi il y a quatre ans et la présentation de la nouvelle stratégie Play to Win fin 2019, avec un recentrage sur la médecine de spécialités et les vaccins, la Santé Grand Public avait déjà été mise à part. Depuis quatre ans, elle évolue légèrement en marge du groupe, comme une entité commerciale autonome, avec ses propres fonctions de production, de R&D, de support et informatique, et des entités juridiques dédiées. Elle a été pleinement restructurée, et le portefeuille de produits a été largement remodelé, passant de 250 à 125 marques, via des cessions.
L’objectif de cette séparation est de permettre à cette activité de «délivrer son plein potentiel» et de la rendre «plus agile», en s’appuyant sur ses «propres ressources stratégiques et capitalistiques» selon les mots de Paul Hudson. Lequel insiste sur un «portefeuille hautement compétitif» d’une «cinquantaine de marques clés». De son côté, Sanofi pourra davantage se concentrer sur ses priorités stratégiques : médecine de spécialités, avec un portefeuille de médicaments tourné à 70% vers les biomédicaments, et vaccins. Paul Hudson se félicite d’ailleurs de sa stratégie Play to Win qui a permis à Sanofi d’enregistrer 13 trimestres consécutifs de croissance et d’avoir déployé la franchise Dupixent qui représente désormais presque 11 milliards d’euros de ventes annuelles tandis que les indications continuent de se diversifier pour cet anticorps monoclonal devenu le médicament phare du groupe.
Renforcement des dépenses de R&D et plan de 2 milliards d'euros d'économie
Pour encore mieux se développer en tant que «pure player pharmaceutique», Sanofi a également annoncé un renforcement de ses dépenses de R&D pour ses biomédicaments et ses vaccins. Le groupe n’a pas précisé à ce stade l’effort à venir, mais Paul Hudson a indiqué que les dépenses de R&D ont «déjà atteint 7 milliards d’euros cette année contre 5,5 milliards en 2020». En parallèle, Sanofi envisage, sans plus de précision, un nouveau plan d’économies qui pourrait atteindre jusqu’à 2 milliards d’euros entre 2024 et 2025, afin de mieux financer sa quête de médicaments innovants. Quatre ans après son arrivée, Paul Hudson semble confiant comme jamais. Le dirigeant assure que Sanofi est «bien positionné pour devenir un leader pharmaceutique mondial pour les 25 prochaines années».



