Analyse

Chez Sanofi, Paul Hudson joue pour gagner

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Paul Hudson futur PDG de Sanofi ? PDG de Novartis Pharmaceuticals
Paul Hudson est le troisième dirigeant du laboratoire pharmaceutique Sanofi en onze ans.

Paul Hudson a l’air sympathique. À chacune de ses interventions, le nouveau directeur général de Sanofi a l’art de dégainer une remarque amusante. Penchant naturel ou un effet de com, qu’importe. Car malgré ses bons mots, le patron de Sanofi n’est pas là pour rigoler.

Son plan stratégique se montre ambitieux, constitué de choix forts. Comme de placer la santé grand public en mode autonome et surtout d’arrêter la recherche cardiovasculaire et en diabétologie, deux aires historiques du groupe, et dont Paul Hudson attend néanmoins des réussites commerciales, essentiellement dans les marchés émergents. Sans compter l’ambition de dénicher 2 milliards d’euros d’économies à partir de 2022.

Paul Hudson est le troisième dirigeant du laboratoire en onze ans. Il a succédé à Olivier Brandicourt, qui est parti avec deux ans d’avance à la retraite, sans attendre la réforme, et qui a entamé un grand ménage dans les activités, cédant génériques (Zentiva) et santé animale (Mérial). Avant lui, entre 2008 et 2014, le "smiling killer" Chris Viehbacher avait engagé le repositionnement de Sanofi dans les biotechnologies, en premier lieu avec l’acquisition de Genzyme.

Paul Hudson s’inscrit dans les pas de ses prédécesseurs, mais avec la nette volonté d’accélérer la cadence, en écrémant les sous-couches managériales pour plus d’agilité et en réduisant toujours plus la diversification du groupe. Son plan est porté par le slogan "Play to win". Jouer pour gagner. Paul Hudson croit aux "trésors cachés" de Sanofi et à un pipeline biologique qu’il estime être une pépite. Il ne vise que les médicaments "best-in-class" et "first-in-class", quitte à faire une croix sur le reste. Dans son jeu, il mise très gros sur le Dupixent, dont il est persuadé du succès dans de multiples thérapies.

Un pari à 10 milliards de dollars par an, alors que Sanofi avancera avec de moins en moins d’options pour amortir un éventuel échec. Paul Hudson n’est pas là pour rigoler, mais il est prêt à jouer.

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