Pour la préparation de son vaccin contre la grippe, Sanofi compte les œufs

Alors que la campagne vaccinale contre la grippe est lancée depuis le 17 octobre, le géant Sanofi détaille comment il sécurise son approvisionnement en œufs pour préparer les précieux sérums.

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Sanofi vaccins Val de Reuil (Eure)
Le site de Val-de-Reuil (Eure) reçoit 650 000 oeufs par jour pour la production de vaccins contre la grippe.

On ne fait pas de vaccin sans casser des œufs. Chez Sanofi, leader mondial des vaccins contre la grippe, le grand complexe normand de Val-de-Reuil (Eure) continue de monter en puissance. Les 250 millions d’euros injectés depuis 2017, afin de significativement doper les capacités de production de son principal sérum antigrippal, le Vaxigrip Tetra, ont des conséquences inattendues pour l’approvisionnement de l’usine en amont.

«Nous réceptionnons 650 000 œufs par jour en moyenne lors de la phase de production», a expliqué Henri Lanfry, le directeur du complexe de Sanofi, lors de son inauguration début septembre. Pour la production de vaccins destinés à l'hémisphère nord, les œufs sont reçus lors des quatre premiers mois de l'année - chaque œuf permettant de produire une dose. Mais comment parviennent-ils jusqu’à l’usine ?

Un label pharma

Deux vaccins sont produits à partir d’œufs à Val-de-Reuil. Celui contre la grippe, et celui contre la fièvre jaune, qui mobilise de son côté environ 5000 œufs par jour en plus de ceux nécessaires à son homologue grippal. «Nous avons trois fournisseurs qui sont localisés à deux heures maximum de route du site. Ce ne sont que des couvoirs français», détaille Noëlle Dupuy, vétérinaire en charge de l’aviculture chez Sanofi.

Des couvoirs qui ne produisent que pour Sanofi et sont soumis à un cahier des charges bien particulier – éminemment plus strict qu’en alimentaire. Ici pas de label bio mais un tampon "pharma". «Les oiseaux sont contrôlés chaque semaine, nous ne voulons surtout pas que l’œuf intègre une autre souche que celles reconnues d’intérêt pour l’espèce humaine par l’OMS, alors nous traquons les virus», explique la vétérinaire. Le but étant d'empêcher toute interférence. Si Sanofi ne communique pas de montant, la contrepartie est évidemment une valorisation plus importante de ces œufs qu’en cas de débouché alimentaire.

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D’autant que la crise de la grippe aviaire, qui met les élevages à rude épreuve depuis deux ans, impose un niveau de vigilance encore renforcé. Les tests ont été doublés. Sanofi affirme ne pas avoir été perturbé dans ses approvisionnements. Un surcroit de production est prévu dans les élevages pour parer à une éventuelle défaillance.

Et que deviennent les œufs une fois qu’ils ont servi à l’élaboration du vaccin ? «Ces œufs ont reçu une matière virulente, la première étape et de leur faire subir un traitement thermique pour la détruire, indique Noëlle Dupuy. De cette étape de chauffage, résulte une poudre inactivée, qui va être revalorisée en méthanisation.» Un débouché décidément inattendu pour ces oeufs.

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