Samsung estime frapper un grand coup en dévoilant, le 12 janvier 2020, l’Exynos 2100, son processeur mobile le plus puissant. Il est fabriqué en 5 nanomètres avec de la lithographie aux ultraviolets extrêmes, actuellement la technologie nec plus ultra de production de puces électroniques. Il est son deuxième processeur mobile à modem 5G intégré mais le premier de ce type dédié aux smartphones haut de gamme.
26 000 milliards d'opérations par seconde
"Jusqu’ici, les smartphones 5G haut de gamme embarquaient un modem 5G séparé du processeur d’application, explique à L’Usine Nouvelle Sravan Kundojjala, analyste au cabinet Strategy Analytics. Seul Huawei se démarque par l’utilisation d’une solution intégrée avec la puce Kirin 990 de HiSilicon, son bras armé dans les semi-conducteurs. Les autres constructeurs du camp Android vont maintenant faire pareil pour leurs prochains smartphones 5G vedettes puisque des puces intégrée deviennent disponible pour ce segment de marché. "
L’américain Qualcomm, qui motorise la majorité des smartphones du camp Android, a préparé le terrain avec le lancement de sa puce SnapDragon 888, fabriquée également chez Samsung en 5 nanomètres avec de la lithographie aux ultraviolets extrêmes. Samsung ne fait que lui emboîter le pas, devançant le taiwanais MediaTek, numéro deux mondial des puces mobiles derrière Qualcomm. Quant au chinois Unisoc, du groupe Tsinghua Unigroup, il se cantonne au segment d'entrée de gamme des smartphones.

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Samsung Puce Exynos 2100 de Samsung
(Crédit photo: Samsung)
Les améliorations de l’Exynos 2100 par rapport à la génération précédente fabriquée en 7 nanomètres s’annoncent alléchantes : +10 % de performances, +40 % de capacités de traitement graphique, -20 % de consommation d’énergie. Selon Samsung, la nouvelle puce exécute 26 000 milliards d’opérations par seconde avec une efficacité énergétique (consommation par opération) plus de deux fois supérieure à celle de la génération précédente. Son modem 5G affiche un débit de transmission de données de plus de 5 Gbit/s dans les fréquences en dessous de 6 GHz et 7,3 Gbit/s dans les fréquences à ondes millimétriques.
Spécifications techniques compétitives avec Qualcomm
"Les spécifications techniques paraissent compétitives en comparaison avec la puce de Qualcomm, confirme Sravan Kundojjala. C’est vrai pour les performances de calcul, de traitement graphique, d’intelligence artificielle ou encore de transmission de données. La puce de Samsung se positionne également bien par rapport au processeur A14 Bionic d’Apple au cœur de l’iPhone 12. Samsung a fait de gros progrès en 2020 dans la 5G, ce qui le place maintenant quatrième mondial dans les modems 5G, derrière Qualcomm, HiSilicon et MediaTek. "
La puce Exynos 2100 motorise la nouvelle génération de smartphones vedettes S21 de Samsung lancée ce 14 janvier 2020, laissant, dans certains marchés comme l’Amérique du Nord, la place à la puce Snapdragon 888 de Qualcomm. Le constructeur chinois de mobiles Vivo semble être également sur les rangs pour l’utiliser. Le groupe coréen réussira-t-il à convaincre d’autres constructeurs du camp Android à en faire de même ? Pas si sûr.
" Historiquement, Samsung a essayé de vendre ses puces 4G à Lenovo, Meizu et d'autres constructeurs sans grand succès, constate l’analyste de Strategy Analytics. La société tente de le refaire dans la 5G avec son partenariat avec Vivo, qui a adopté jusqu'à présent les puces Exynos 880, 980 et 1080 5G dans certains de ses produits. Nous pensons qu'il y a une opportunité pour Samsung chez Xiaomi, Oppo et Vivo cette année, mais nous ne savons pas si Samsung est disposé à poursuivre dans ce sens. " Selon Sravan Kundojjala, 90 % des puces mobiles Exynos sont jusqu’ici utilisées en interne dans les smartphones de Samsung et seulement 10 % trouvent des débouchés à l’extérieur.
Priorité de Samsung à son marché captif
Samsung est pénalisé par son statut de constructeur de smartphones, un marché qu’il domine en volume depuis 2011. Les autres constructeurs de mobiles s’en méfient parce qu’il est leur plus grand concurrent. Ce n’est pas le cas de Qualcomm et MediaTek, qui sont juste fournisseurs de puces. Sravan Kundojjala pointe d’autres difficultés. "Samsung fournit des puces mémoires, des capteurs d'image et des écrans à ses concurrents, mais ne parvient pas à en faire de même avec les puces mobiles, souligne-t-il. Cela peut être dû à trois raisons : tarification et structure des coûts élevées, manque d'engagement sur une feuille de route produits à long terme, et disponibilité précoce pour son marché captif en priorité sur les clients externes. S’il veut se développer sur le marché libre, il doit répondre à ces préoccupations. "
Ceci explique ses difficultés à vendre ses puces Exynos à d’autres constructeurs de smartphones et son retard sur le marché des puces mobiles, alors qu’il est numéro un mondial des mémoires et numéro deux des semi-conducteurs, juste derrière l’américain Intel. Selon Strategy Analytics, il pointe à la cinquième place avec seulement 10 % de ce marché au troisième trimestre 2020, derrière Apple (31 %), Qualcomm (21 %), MediaTek (19 %) et HiSilicon (17 %), sachant que les marchés d’Apple et HiSilicon sont entièrement captifs, dédiés à 100 % à leurs usages internes.



