Saint-Gobain confiant dans son double potentiel de croissance et de durabilité

Saint-Gobain ouvre un nouveau plan stratégique de cinq ans, avec l’objectif de renforcer sa croissance et son profil financier, tout en devenant leader mondial de la construction décarbonée. Le groupe français prévoit aussi une enveloppe d’acquisitions de 5 milliards d’euros jusqu’en 2025 et vise une augmentation de 30 à 40% de ses investissements industriels.

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Plaque de verre Saint-Gobain
Saint-Gobain mise sur l'apport de l'ensemble de ses solutions et matériaux, comme le verre, pour accroître croissance et durabilité.

Optimisme et confiance règnent chez Saint-Gobain. En dépit d’un contexte de tensions sur les matières premières, qui semble plutôt l’épargner, et de hausses des coûts de l’énergie, qui l'affectent davantage, Saint-Gobain s’attend à une "très bonne année 2021", s’est satisfait Benoit Bazin, le directeur général, lors de la présentation du nouveau plan stratégique à cinq ans du groupe, le 7 octobre à Paris. Baptisé "Grow and impact", ce plan relève les objectifs financiers. Saint-Gobain vise, entre autres, une croissance organique de son chiffre d’affaires de 3% à 5% au lieu de "1,5% par an depuis une décennie", une marge opérationnelle de 9 à 11% et un retour sur les capitaux employés de 12% à 15%, alors que cet indicateur était "historiquement autour de 9%", commente Benoit Bazin. Ce qui doit permettre de mieux récompenser les actionnaires.

72% des ventes au profil de construction durable

Le plan cible également un impact accru en termes de durabilité, nouveau leitmotiv de la communication du groupe. Au-delà des objectifs internes de développement durable, avec une cible maintenue d’une neutralité carbone en 2050, Benoit Bazin affirme une "vision de faire de Saint-Gobain le leader mondial de la construction durable".  Selon des chiffres que le groupe a fait auditer, 72% de ses ventes actuelles contribuent à cet impact de durabilité. L’objectif est d’atteindre 75% à l’horizon 2025. Cet impact positif découlerait de l’ensemble des solutions apportées par le groupe dans le domaine de la construction, secteur responsable à lui seul de 40% des émissions de CO2 sur la planète. Saint-Gobain estime disposer d’un levier sur deux tiers de ces émission. Il se considère donc idéalement placé pour aider ses clients à décarboner le secteur.

Rénovation, construction légère et marchés industriels

Claire Pedini, directrice générale adjointe, directrice des ressources humaines et de la responsabilité sociale d’entreprise, avance que "toutes nos solutions vendues permettraient d’éviter l’émission de 1300 millions de tonnes de CO2 par an, ce qui représente 40 fois les émissions annuelles de Saint-Gobain, des scopes 1 à 3". Saint-Gobain vante ainsi l’ensemble de ses solutions apportées dans la rénovation des bâtiments publics et privés, tendance qui s’accélère surtout en Europe avec les incitations gouvernementales.

Deuxième axe, ses produits qui accompagnent la croissance de modes de construction légère, améliorant confort et performance énergétique, ainsi que ses solutions pour ses grands clients industriels. S'y ajoutent ses avancées dans l’électromobilité et dans les céramiques de haute performance limitant les besoins énergétiques des fours des verriers. Le groupe français se réjouit d’avoir finalisé plus tôt que prévu l’acquisition du chimiste français Chryso, qui apporte des solutions pour décarboner ciment et béton.

5 milliards de chiffre d’affaires cédés

Ce nouveau plan s’appuie sur les résultats du plan précédent, « Transform and grow », qui a conduit le groupe à déployer en particulier une organisation par pays. Aujourd’hui, 90% des directeurs généraux des différentes filiales de Saint-Gobain par pays sont des nationaux, pour capitaliser sur leurs connaissances et liens avec les écosystèmes et les marchés locaux, avec chacun sa responsabilité par pays, dans le but d’accroître l’agilité. En parallèle, le groupe a, ces dernières années, procédé à un grand lifting de ses activités dans tous les domaines, cédant au passage des actifs totalisant un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros, mais dont la rentabilité était jugée trop faible.

5 milliards pour les acquisitions

Saint-Gobain ne fixe plus d’objectifs de cessions. Sreedhar N, directeur financier de Saint-Gobain, prévient toutefois que le groupe poursuivra son "ambition de se concentrer sur les business best-in-class", expliquant que "quand un business ne marche pas, il faut définir un plan, une feuille de route pour redresser", puis céder en cas d’échec. Saint-Gobain avance en parallèle un budget cible de 5 milliards d’euros pour sa croissance externe d’ici à 2025, visant des acquisitions de taille moyenne et "fortement créatrices de valeur" souligne Benoit Bazin.

30% à 40% d'investissements de croissance en plus

Pour la croissance organique, le patron du groupe mise enfin sur une réduction des besoins en investissements de maintenance. Il affirme que le groupe bénéficie aujourd’hui, grâce à "son excellence opérationnelle" de "la capacité de réduire d’à peu près 20% [ses] investissements réguliers de maintenance. Donc nous allons économiser à peu près 200 millions par an en les réduisant de 1,2 milliard à 1 milliard, pour déployer plus d’argent sur nos investissements de croissance. Ils étaient de l’ordre de 500 millions d’euros si je prends l’exemple d’une année type. Nous allons passer à 700 ou 800 millions d’euros, donc une augmentation de 30% à 40%". Chez Saint-Gobain, en somme, tous les voyants sont au vert.

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