Rolls-Royce affiche de grandes ambitions dans la filière des mini-réacteurs nucléaires. Mercredi 11 novembre, l’industriel britannique a annoncé vouloir construire un parc de 16 petits réacteurs modulaires (ou SMR, pour smal modular reactor) à l’horizon 2030. En quête de subventions, l’entreprise invoque l’argument de l’emploi pour séduire le gouvernement britannique.
34 000 emplois en 2035 si...
Selon Rolls-Royce, le projet pourrait générer 6 000 emplois au Royaume-Uni. Et ce, dès 2025. “Jusqu'à 80 % (en valeur) des composants de la centrale seront fabriqués dans des usines des Midlands et du nord de l'Angleterre, avant d'être transportés vers des sites nucléaires existants dans tout le pays pour être rapidement assemblés à l'intérieur d'auvents résistant aux intempéries”, détaille le motoriste britannique.
Le groupe parle même de 34 000 emplois d’ici à 2035. Il y a tout de même un “si”... Et non des moindres. “Si le gouvernement du Royaume-Uni prend un engagement clair” pour permettre la construction des 16 SMR.

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Une entreprise française dans le consortium
Depuis 2016, Rolls-Royce dirige un consortium qui travaille sur le design d’un SMR. On retrouve dans ce groupement la société d’ingénierie française Assystem, aux côtés de divers acteurs britanniques : les ingénieristes Atkins et Laing O’Rourke, la société de construction BAM Nuttall, le spécialiste des techniques de soudure TWI ou encore le National Nuclear Laboratory du gouvernement.
Les SMR imaginés par Rolls-Royce fourniraient chacun 440MW de puissance pendant 60 ans. C’est suffisamment d’électricité pour alimenter 450 000 foyers. L’entreprise espère pouvoir démarrer sa première mini-centrale d’ici à 2030 grâce à son expérience dans la propulsion nucléaire des sous-marins militaires. Le projet permettrait à Rolls-Royce de se diversifier alors que le motoriste, gravement touché par la crise du Covid-19, a annoncé la suppression de 9 000 postes dans l’aérien civil.
Une technologie nucléaire "beaucoup plus économique"
À travers le monde, de nombreuses entreprises s’intéressent aux petits réacteurs. Leur potentiel suscite beaucoup d’espoirs dans une filière souvent critiquée pour ses chantiers ultra-coûteux et interminables. À la place, les SMR permettraient de construire des unités en série en usine. Ils représenteraient donc une alternative moins chère et moins complexe en comparaison des réacteurs classiques.
"En créant une centrale électrique fabriquée en usine qui sort de la chaîne de montage, nous avons radicalement réduit de nombreux risques de construction associés aux nouvelles centrales nucléaires ; et en utilisant une technologie nucléaire éprouvée parallèlement à des composants standardisés et simplifiés, nous la rendons beaucoup plus économique”, argumente dans un communiqué Tom Samson, patron par intérim du consortium.
Pour le Royaume-Uni, la filière des SMR permettrait de pallier la fermeture imminente de plusieurs centrales nucléaires. Sur les huit en exploitation que compte le pays, la moitié doit être arrêtéesavant mars 2024. Or, le nucléaire représente 20 % du mix énergétique britannique. Le gouvernement du Royaume-Uni pourrait prochainement répondre à l’appel de Rolls-Royce en annonçant un gros investissement dans le programme. Le Financial Times indiquait début octobre que l’exécutif britannique étudiait une dépense de 1,5 à 2 milliards de livres pour prendre une participation dans le projet du consortium. De même source, le premier SMR pourrait coûter 2,2 milliards de livres (2,2 milliards d'euros) avec une facture inférieure pour les unités suivantes.



