Le chemin vers “la restauration de la profitabilité” se poursuit chez Valeo. L’équipementier automobile français a publié jeudi 25 juillet des résultats semestriels “en ligne avec ses objectifs annuels”. La multinationale enregistre un résultat net de 141 millions d’euros, en hausse de 18% en glissement annuel. Elle améliore également sa marge opérationnelle, qui pointe à 4% (445 millions d’euros, en hausse de 0,8 points) malgré un chiffre d’affaires en baisse de 1%, à 11,11 milliards d’euros, dans un environnement de marché “difficile et incertain”.
En cause : “des volumes d’électrification bas en Europe avec de très nombreux décalages de lancements de nouveaux véhicules” par des constructeurs attentistes, dont certains rencontrent des “difficultés pour mettre au point les véhicules en termes d’architecture électronique et logicielle”, a détaillé Christophe Périllat, le directeur général, lors d'une conférence avec des journalistes.
Un second semestre en amélioration
Dans ce contexte, Valeo enregistre sur les six premiers mois de l’année de faibles prises de commandes, à hauteur de 9,1 milliards d’euros (-52%), “du fait de reports de projets au second semestre”. S’il revoit une deuxième fois ses objectifs de ventes à la baisse pour les 18 prochains mois “dans un marché pas très porteur, c’est le moins qu’on puisse dire”, le dirigeant du sous-traitant automobile promet une amélioration de la marge au second semestre de l’année.
“Depuis début 2022, nous appliquons une politique de sélectivité de nos prises de commande” sur des produits technologiques d’avenir qui permettent de dégager une rentabilité solide, a précisé le dirigeant. C’est notamment le cas dans la division “Brain” (aides à la conduite et logiciels), dont l’Ebitda (le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) s’établit à 15,9 %, en hausse de 2,2 points en glissement annuel.
Focus sur la réduction des coûts
“Engagé de manière extrêmement résolue, déterminée et courageuse dans une trajectoire de restauration de profitabilité”, Christophe Périllat insiste particulièrement sur les objectifs de réduction des coûts de l’entreprise, à la demande de ses clients dans un contexte de concurrence accrue et d’électrification qui renchérit le prix de véhicules. Dans cette dynamique, le groupe a finalisé en avril la fusion de ses activités thermiques et propulsion au cœur d’une nouvelle division “Power”. Cette réorganisation doit permettre de générer “dès le second semestre, des économies de l’ordre de 50 millions d’euros, puis de 100 millions d’euros en année pleine”, précise un communiqué.
“On abaisse le point mort de Valeo mais on en améliore aussi sa flexibilité industrielle”, a commenté Christophe Périllat, vantant cette stratégie dans une période marquée par les “incertitudes sur les volumes [de production] et sur les volumes de chaque motorisation (thermique, hybride léger, hybride rechargeable et pur électrique).”
Trois sites français sur la sellette
Mi-juillet, le groupe a annoncé son intention de se séparer de deux usines et d’un centre de R&D en France. Les sites de L’Isle-d’Abeau (Isère), La Suze-sur-Sarthe (Sarthe) et La Verrière (Yvelines), où travaillent environ 1100 personnes, sont dans l’attente d’un repreneur. Le cabinet-conseil Alixio a été diligenté pour trouver d’ici à mi-octobre une solution pour les trois sites industriels.



