L'Usine Nouvelle.- Quelle sera la proportion des deux types de ventilateurs T60 et Osiris sur les 10 000 unités que vous comptez produire ?
Eric Prades.- Pour le T60, 1 500 unités sont prévues, et 8 500 pour Osiris, le second ventilateur. Ce sont deux processus d’assemblage séparés, avec des ateliers séparés. Il s’agira d’une accélération de cadence sur la ligne actuelle de T60 de l’usine d’Air Liquide Medical Systems à Antony (Hauts-de-Seine). Par contre, pour le modèle Osiris, on démarre un nouvel atelier avec quatre lignes d’assemblage. Il s’agit de deux modèles de respirateurs portables mais avec une différence de philosophie de conception. Le T60 utilise une ventilation par turbine et embarque beaucoup plus d’électronique et de fonctionnalités. Osiris dispose d’une ventilation pneumatique, c’est une conception plus simple qui permet de s’engager sur cette montée en puissance très rapide. Mais l’usage final est similaire, destiné au traitement des patients en réanimation lourde.
Comment coordonnez-vous la chaîne d’approvisionnement ?
Un respirateur c’est 300 composants, pour la moitié électroniques. La carte électronique est fournie par le groupe Eolane, près d’Angers (Maine-et-Loire). L’ensemble des autres composants électroniques est centralisé sur le site d’Antony. De manière à décupler la production, un sous-ensemble sera pris en charge par PSA sur son site de Poissy (Yvelines) avant assemblage final à Antony. Nous serons fournis par tous les moyens, notamment la route mais aussi par voie aérienne. Le petit afficheur de contrôle sur le respirateur, par exemple, provient de Chine. Le projet va bénéficier du pont aérien mis en place entre la Chine et la France pour disposer de ce fret aérien le plus optimisé actuellement.
Comment réorganisez-vous les lignes ?
Chez PSA, à Poissy, nous avons des tables d’assemblage manuel en cours d’installation. Nous avons accès à un espace disponible que l’on réaménage. A Antony, nous avons sur le site une salle de la bonne dimension pour ces quatre lignes supplémentaires. Nous avons constitué deux groupes de production : un premier de 55 opérateurs pour les sous-ensembles à Poissy, et un second de 185 opérateurs à Antony, qui viennent de l’ensemble des quatre entreprises partenaires, donc Air Liquide, PSA, Schneider Electric et Valeo. Les deux éléments de ce partenariat sont l’accès à des opérateurs et du personnel encadrant très qualifié ainsi qu’à des compétences particulières.
Quelles compétences ?
La première contribution porte sur les composants, avec la très forte expertise électronique de Valeo et Schneider Electric. Le groupe PSA apporte son expertise très forte sur les pièces mécaniques. Ensuite, les compétences en termes d’industrialisation viennent de tous les partenaires.
Ce projet commun est prévu pour six semaines. Pourrait-il éventuellement être reconduit ?
Ce projet, que nous appelons en interne Respirateurs 10 000, est avant tout un projet d’urgence. L’idée est de mobiliser toutes les énergies et les forces pour répondre, entre mi-avril et mi-mai, à la sollicitation du gouvernement français dans le cadre de cette épidémie.
L’objectif du projet est-il de répondre seulement aux besoins en France ou aussi aux besoins de l’Union européenne ?
Le projet a été créé pour répondre à une commande du gouvernement français. Les volumes produits serviront donc intégralement cette commande.
Pouvez-vous revenir sur les cadences prévues ?
En ce moment, nous produisons une centaine d’unités par semaine de T60, qui seront livrés dès cette semaine. Les premières livraisons d’Osiris sont programmées la semaine du 13 avril, avec un premier palier de 1 000 unités à partir de la semaine du 20 avril, puis nous devrions atteindre le cap des 2 000 unités par semaine à partir de celle du 4 mai.



