Le Made in France comme remède à la crise. En visite ce 31 mars dans l'usine Kolmi-Hopen près d'Angers, qui fabrique trois quarts des masques produits en France, le président de la République Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de relocaliser la production de matériels médicaux essentiels en France. "Dans un contexte où toutes les certitudes sont balayées, nous avons une stratégie d'importations, mais notre priorité est de produire davantage en France. Nos sites français doivent monter en volume, embaucher, créer de nouvelles capacités de production", a-t-il déclaré à l'issue de sa visite. "Le jour d'après ne ressemblera pas au jour d'avant. Nous devons rebâtir notre souveraineté nationale et européenne. Il nous faut retrouver la force morale et la volonté pour produire davantage en France et retrouver notre indépendance".
Vers une production de 15 millions de masques par semaine
Ce principe doit être appliqué à la fabrication des produits essentiels aux soignants engagés dans la lutte contre le Covid-19. L'usine Kolmi-Hopen qu'a visitée le président en est l'illustration. Les effectifs ont été augmentés de 50%, l'usine tourne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pour répondre à la demande de masques. La production a été doublée en quelques semaines. Les trois autres fabricants tricolores historiques (Paul Boyé, Valmy, Macopharma) se sont aussi activés, leur production totale a été triplée par rapport au niveau d'avant-crise.
D'autres industriels vont se joindre à l'effort pour la production de masques chirurgicaux et FFP2, annonce le président : Michelin, Faurecia, Intermarché, Chargeurs. De quoi viser la production de 15 millions de masques de ce type par semaine d'ici fin avril, comme 3,3 millions avant la crise. Pour rappel, on estime la consommation hebdomadaire de masques médicaux à 40 millions alors que le pic de l'épidémie n'a pas encore été atteint.
Un consortium mené par Air Liquide pour produire des respirateurs
Emmanuel Macron a officialisé une autre initiative d'industriels pour accélérer la production de respirateurs légers et lourds en France. Un consortium mené par Air Liquide (qui en assemble sur son site d'Antony, dans les Hauts-de-Seine) va s'y atteler dans les prochaines semaines. PSA, Valeo, Schneider Electric participeront à l'effort. "250 respirateurs lourds seront livrés dans les huit prochains jours, puis l'objectif est de monter en volume pour fournir 10 000 respirateurs d'ici mi-mai", annonce le président.
Ce sont en réalité une centaine d'entreprises qui sont mobilisées pour fournir les 300 composants nécessaires à l'assemblage de ces respirateurs. Une équipe d'une cinquantaine de salariés de l'usine PSA de Poissy (Yvelines) assembleront le bloc central de ces respirateurs, qui seront ensuite livrés à l'usine Air Liquide d'Antony.



