Après dix mois de travaux et un investissement de 22 millions d’euros, le syndicat public Sitreva a inauguré, jeudi 10 juillet, son nouveau centre de tri dernier cri, rebaptisé Trivalo 28, à Dreux. La modernisation de l'équipement – le seul de ce type dans le département d’Eure-et-Loir – marque une étape pour le territoire en matière de transition écologique et de souveraineté économique locale.
Construit en 2004, le centre de tri de Dreux qui assurait jusqu’alors le traitement de 17000 tonnes de déchets par an atteindra une capacité de 30000 tonnes, grâce à un bâtiment agrandi (+2500 m²), un process de tri entièrement revu et des équipements de pointe. Objectif : «atteindre un taux de captation minimum des matières de 90% contre 75%, auparavant, tout en assurant des conditions de travail améliorées et plus ergonomiques à nos opérateurs», explique à L’Usine Nouvelle Soryann Ouk, directeur général des services de Sitreva.
Cette modernisation doit permettre d’intégrer les nouvelles consignes nationales de tri, comme d’anticiper la montée en puissance des flux de déchets recyclables. «Ce centre de tri modernisé est bien plus qu’une infrastructure. C’est le symbole de notre volonté collective de bâtir un avenir plus durable, plus résilient et plus local», a souligné Stéphane Lemoine, président de Sitreva, lors de l’inauguration. Le syndicat mixte compte ainsi assurer aux 310000 habitants la maîtrise de leur outil industriel, évitant une dépendance à des structures éloignées ou entièrement privées.
Un outil industriel stratégique, fruit d’un partenariat public-privé
Sitreva a confié l’exploitation du site en délégation de service public au groupe Paprec, leader français du recyclage pour une durée de dix ans. «Nous avons fait ce choix pour bénéficier du savoir-faire technique d’un opérateur privé sur des équipements industriels de haute technicité, tout en conservant la pleine propriété de l’outil à l’issue du contrat», explique Soryann Ouk. Le montage financier repose sur un investissement de 22 millions d’euros porté par le syndicat, avec un soutien de 950000 euros de Citeo. «Ce nouvel équipement nous permet de maintenir 32 emplois, dont 16 postes valoristes dédiés au tri manuel, et une clause d’insertion de 3000 heures par an», a rappelé Stéphane Lemoine. La modernisation a porté également sur l’ergonomie et la climatisation des cabines pour les agents.
Technologies de pointe pour capter plus de 90% des emballages valorisables
Sur l’enveloppe de 22 millions d’euros, plus de 20 millions ont été consacrés aux travaux, afin d’améliorer notamment la protection incendie, et une surface «aval» a été ajoutée au site qui s’étend désormais sur 5900 m². 12 millions d’euros ont été consacrés au process de tri, qui a été revu en trois étapes : mécanique, puis optique, et enfin un tri manuel réalisé par les agents. «Nous nous appuyons sur des équipements dernière génération : cribles balistiques, trieurs optiques, séparateurs à courant de Foucault pour les capsules en aluminium et trémie ouvreuse de sacs, ce qui permet désormais de recevoir des collectes en sac comme en bac», se réjouit Soryann Ouk.
Ce nouveau process permet d’obtenir, en sortie de chaîne, jusqu’à douze catégories de matériaux recyclables : «PET clair, foncé, PE/PP, PEHD, papiers, cartons... Ces matières recyclables repartent ensuite vers les filières qui pourront les valoriser», s’enthousiasme le directeur général. Autre innovation : l’organisation en FIFO (First In, First Out) des alvéoles de stockage, ce qui réduit les risques de fermentation et d’incendie. «C’est un des plus gros risques de notre secteur, des murs coupe-feux ont été installés entre les zones et un réseau de sprinklage couvre l’ensemble du site», ajoute-t-il.
En cohérence avec la loi relative à la transition énergétique, Trivalo 28 est désormais capable de trier tous les emballages ménagers, y compris les barquettes et films plastiques, jusqu’alors difficilement valorisables. Il fonctionne du lundi au vendredi, en deux équipes, et pourrait monter en capacité. Levier pour atteindre les objectifs nationaux de recyclage et d’économie circulaire, ce centre de tri permet ainsi au département de «maîtriser notre empreinte carbone tout en consolidant des emplois non délocalisables et renforcer la souveraineté environnementale du territoire», a souligné le président de Sitreva.



