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Pour la première fois en France, Paprec captera le CO2 d'une usine de valorisation énergétique en 2027

Le groupe français Paprec va construire une usine de valorisation énergétique à Pontivy (Morbihan). Pour la première fois en France, elle va inclure un système pour capter la moitié du CO2 qu'elle émettra.

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usine valorisation énergétique Pontivy
L'actuelle usine de valorisation énergétique de Pontivy cèdera la place à une unité nouvelle en 2027.

Capturer le carbone produit par une unité de valorisation énergétique afin de l’utiliser dans des serres maraîchères ou pour gazéifier des sodas. Au printemps 2027 le CO2 issu d’une unité de valorisation énergétique (UVE) sera capturé pour la première fois en France. Pur à 99,9 %, il sera vendu sous forme liquide.

Une première historique à Pontivy

Paprec Energies (ex-Tiru), qui a construit l’usine de Pontivy dans le Morbihan dans les années 80, va réaliser une nouvelle usine pour le Sittom-Mi, le syndicat intercommunal qui gère le transfert et le traitement des ordures ménagères non recyclables du Morbihan. Elle sera opérationnelle dans un peu plus de deux ans et pourra traiter 60000 tonnes de déchets tout en captant la moitié du CO2 émis, soit 10000 tonnes par an, ce qui équivaut aux émissions annuelles de 1450 personnes. L’investissement pour la collectivité est de 80 millions d’euros, dont 15% pour la captation du CO2. «Très peu d’usines capturent le carbone en France, alors que c’est un moyen essentiel pour lutter contre le réchauffement climatique.», indique Sébastien Petithuguenin, président de Paprec Energies.

Paprec a cherché les technologies les plus performantes et récentes, notamment celles qui équipent les cimenteries et les aciéries. Dans ce processus, le CO2 est capté chimiquement. Les molécules sont dissoutes dans un solvant, puis le CO2 passe par des étapes de compression et de liquéfaction qui permettent d’éliminer l’oxygène et d’obtenir cette pureté. «Avec ce projet, Paprec Energies et Paprec Engineering confirment leur approche, misant en permanence sur l’innovation. Notre volonté est de proposer à nos clients les meilleures technologies possibles afin d’aller toujours plus loin dans la valorisation de leurs déchets, la décarbonation de l’économie et le développement de l’autonomie énergétique des territoires», précise Sébastien Petithuguenin.

Développement en Pologne

Aujourd’hui, Paprec Energies représente 500 millions d’euros de chiffre d'affaires, avec une forte croissance au sein du groupe qui a réalisé 3 milliards d’euros en 2024. «Les unités de valorisation énergétique sont importantes pour la souveraineté énergétique de notre pays, rappelle le président de Paprec Energies à L’Usine Nouvelle. Cela permet de fabriquer de l’électricité locale sans gaz.» Et il se réjouit du virage pris par la France pour lutter contre le stockage des déchets, notamment avec la forte taxe sur l’enfouissement. Une trajectoire qui n’est pas encore celle de l’Espagne, deuxième pays pour Paprec, après la France, avec 250 millions d’euros de chiffre d’affaires, essentiellement sur la collecte et le tri des déchets.

Dans le domaine de l’énergie, le groupe français doit prochainement mettre en service une unité de valorisation énergétique à Gdansk en Pologne, traitant 160000 tonnes de déchets. Il termine également la construction d’une chaufferie CSR (Combustibles Solides de Récupération) à Krosno, dans ce même pays, pour alimenter le réseau de chaleur et surtout pour remplacer une centrale au charbon. À Malte, un projet est suspendu depuis deux ans suite au recours du perdant de l’appel d’offres. D’autres projets sont en cours de construction en France à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), Vitré (Mayenne), Sète (Hérault), Nantes (Loire-Atlantique), Maubeuge (Nord) et La Réunion.

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