«Etre adossé à un industriel de premier plan, c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver, martèle Stéphane Lehoux, le président de St Mamet. Cela va permettre d’accélérer le développement de la filière»… Ou plutôt d’enrayer le déclin d’un groupe qui réalise environ 50% du marché des fruits en conserve en France, en incluant ce qui est fourni aux marques distributeurs. Qu’importe, depuis son rachat par le groupe Agromousquetaires fin juillet auprès du fonds d'investissement Hivest capital partners, l’optimisme est de mise.
Les emplois de l’usine de Vauvert (Gard) et de l'amont seront pérennisés. Soit 150 salariés sur le site et au moins autant de saisonniers lors des pics de productions, notamment au moment de la récolte des poires. Mais aussi une centaine d’exploitants de la région, qui alimentent l’usine en fruits avec leurs 500 hectares de vergers. La coopérative espère aussi mettre fin à l’hémorragie: en 2017, elle revendiquait 150 hectares de plus. Le chiffre d’affaires de St Mamet a aussi fondu, des 100 millions d’euros revendiqués à 65 millions d’euros désormais annoncés. Le marché est pourtant porteur: «La consommation de fruits, tant bruts que transformés, est en croissance en France», a expliqué Jean-Baptiste Saria, le président d’Agromousquetaires lors d'une présentation à la presse du site le 20 septembre.
8 millions d'euros investis pour moderniser l'outil industriel
«C’est une venue salvatrice, qui va assurer d’autres débouchés à nos produits», s’est aussi réjoui Stéphane Lehoux. Et pas seulement chez Intermarché. L’autorité de la concurrence, saisie du projet d’acquisition, a donné son feu vert à l’opération le 21 juillet. Elle a estimé que la «nouvelle entité ne serait pas incitée à limiter la commercialisation des fruits au sirop produits par St Mamet auprès des distributeurs concurrents d’Intermarché». Les activités de production et de commercialisation de la PME seront en effet séparées en deux entités. «Agromousquetaires travaille déjà pour d’autres distributeurs», a par ailleurs souligné le directeur général du groupe Jean-Baptiste Saria, histoire de rassurer les concurrents sur le rayon.
Un investissement de 8 millions d’euros a été annoncé. «À court terme, nous souhaitons moderniser l’outil industriel afin d’améliorer la conservation des fruits et leur qualité dans ce processus, a détaillé le dirigeant. À plus long terme, nos investissements auront pour objectif de faciliter la relocalisation, en France, de certaines opérations de transformation du fruit menées actuellement en Europe par St Mamet. Par exemple, notre ambition est de rapatrier et de développer une filière d’abricots française, aujourd’hui très peu présente sur le territoire.» Le groupe ambitionne de saturer une usine qui, si elle traite 35 000 tonnes de fruits chaque année, est encore loin de tourner à plein régime.



