Certaines pépites du Newspace ont plus la côte que d’autres auprès des investisseurs. C’est le cas de la start-up franco-américaine Loft Orbital qui a réalisé une levée de fonds record de 125 millions d’euros, une opération rendue publique le 7 décembre. Parmi les investisseurs, des acteurs majoritairement américains avec en chef de file BlackRock Private Equity mais aussi des français comme Bpifrance. «Cela va donner un gros coup d’accélérateur à notre croissance, se réjouit son président et cofondateur Antoine de Chassy. Nous allons pouvoir embaucher massivement pour répondre à la forte demande de nos clients et investir plus rapidement dans la R&D».
La révolution du CLoud appliquée au secteur spatial
Cet ancien cadre d’Airbus, franco-américain, a fondé la société en 2017 avec deux partenaires, Alex Greenberg et Pierre-Damien Vaujour. La société, elle aussi franco-américaine, compte un peu plus de 70 salariés répartis entre ses filiales à San Francisco et à Toulouse (Haute-Garonne). Si les plans sont tenus, l’effectif devrait doubler à 150 salariés d’ici la fin de l’année prochaine. La société prévoit d’investir dans de nouvelles capacités technologiques. «D’ici six mois, nous disposerons à Toulouse d’un laboratoire de test de radiofréquences avec des capacités significatives», précise le dirigeant.
Comment les dirigeants de Loft Orbital ont-ils réussi à séduire les investisseurs ? Avec une idée aussi simple que révolutionnaire : transformer le secteur spatial comme le Cloud a transformé l’industrie informatique : en vendant un service clé-en-main plutôt que du matériel. En clair, plutôt de que vendre des satellites à ses clients, Loft Orbital leur vend un service complet comprenant le satellite, son lancement, et sa gestion technique en orbite. La société reste propriétaire et opératrice du satellite.
Offrir des services de constellations
Et toujours sur le modèle du Cloud, Loft Orbital mutualise son infrastructure spatiale, c’est-à-dire qu’il peut embarquer la charge utile de différents clients (une caméra d’observation, une antenne de télécommunications, un dispositif de géolocalisation…) sur un même satellite. «Notre force est d’amener nos clients dans l’espace simplement et rapidement. Ils ne peuvent pas attendre 2, 3 ou 4 ans ou sinon des concurrents prendront la place», précise encore Antoine de Chassy. Des organismes et des sociétés prestigieuses lui ont déjà confiance : la Nasa, la Darpa, l’agence spatiale canadienne ainsi que l’Onera et l’opérateur commercial Eutelsat.
Loft Orbital opère déjà deux satellites en orbite sur lesquels sont embarqués les équipements d’une dizaine de clients et les capacités de deux satellites supplémentaires ont déjà été vendues. La société réalise pour l’instant un chiffre d’affaire de quelques millions d’euros mais vise une croissance rapide en étoffant ses services. "«L’étape d’après ce sera de passer à la mise sur orbite de petites constellations», ambitionne le dirigeant. Loft Orbital vise d’ici 5 ans un chiffre d’affaires compris entre 50 et 100 millions d’euros.



