Quelles technologies de pompes à chaleur séduisent le plus les Français ?

Les pompes à chaleur se vendent bien depuis le début de l'année 2023, et la volonté d'Emmanuel Macron d'en produire un million en France chaque année à l'horizon 2030 devrait leur bénéficier. Mais toutes les technologies de pompes à chaleur ne bénéficient pas de cet engouement.

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Pose de pompe à chaleur BDR Thermea
Le marché des pompes à chaleur évolue en sens contraires selon le type de matériels.

Suite à l’objectif fixé, fin septembre, par le président de la République Emmanuel Macron, de tripler les volumes de pompes à chaleur (PAC) produits en France, les industriels sont sous les feux de la rampe. 1 million d’unités devront être produites chaque année d’ici 2027 (contre 350 000 aujourd'hui), et 30 000 personnes devront être formées.

«1 million de PAC, c’est impossible, réagit Christophe Mutz, le président de Pac&Clim’Info, une association de professionnels de la climatisation et des PAC. On est dans une situation où, industriellement, la capacité de production en France est insuffisante. Installer des unités de production en France, ce n’est pas simple. Il ne faut pas non plus oublier que la France est en concurrence avec d’autres pays. Cela se joue au niveau européen. Cela ne marche pas mal dans certains pays de l’Est. Donc, on pense que ce chiffre est irréaliste».

Les PAC air/air rebondissent

Produites ou pas en France, ces pompes à chaleur trouvent-elles déjà preneur ? Les ventes des industriels ont progressé de 25% sur la période janvier-août 2023, pour les PAC air/air, par rapport à la même période en 2022, à 716 944 unités extérieures, l’unité commune retenue pour mesurer le marché. La baisse était de 8% entre les huit premiers mois de 2021 et la même période de 2022, à la suite d’un été 2021 pluvieux et moins chaud que la moyenne, n’ayant pas aidé à convaincre les particuliers de l’intérêt d’une solution de rafraîchissement.

Cette hausse globale cache des disparités entre types de pompes à chaleur. Les pompes à chaleur air/air, qui fonctionnent indépendamment d’un réseau hydraulique et permettent les deux solutions de chauffe et de rafraîchissement, ont bénéficié ces derniers mois des craintes liées aux coupures de courant et d’une volonté de réduire les factures de chauffage. Cette solution est notamment proposée dans le cadre de rénovations de maisons au chauffage électrique. «L'usage en chauffe se développe, avec les inquiétudes liées aux économies d’énergie depuis l'hiver 2022-2023», constate Jean-Michel Blin, le secrétaire de Pac&Clim’Info et directeur du marché résidentiel France chez Mitsubishi Electric. «Le neuf reste une petite partie de ce marché», ajoute-t-il. L’impact de la chute du marché du logement neuf ne devrait donc pas être ressenti avant début 2024.

Concernant les PAC air/eau, dont le principe consiste à restituer la chaleur ou la fraîcheur par l’intermédiaire de l’eau d’un circuit de chauffage, les mises sur le marché ont reculé de 5% au cours de la période janvier-août 2023, par rapport à la période janvier-août 2022. 210 287 unités extérieures ont été vendues. Les ventes de pompes à chaleur monobloc ont progressé de 65% entre les deux périodes, tandis que celles d’appareils bi-blocs (qui représentent 80% du marché) perdaient 14%.

La baisse des ventes de PAC air/eau est notamment liée, selon Pac&Clim’Info, à la fin des «super bonus» gouvernementaux de 1000 euros en mars et en juillet 2023, conduisant les ménages les plus modestes à se détourner de ces produits au vu du reste à charge, au «flou» lié à une éventuelle interdiction des chaudières à gaz (qui ne seront plus éligibles aux primes de certificats d’économies d’énergie à partir du 1er janvier 2024), et à la baisse du marché du logement neuf.

Le potentiel de la géothermie 

Quant aux pompes à chaleur géothermiques, elles ont vu leurs ventes grimper de 15% sur la période janvier-août 2023 par rapport à la même période de 2022, à 2 234 unités. «C’est un marché qui n’explose pas. Les installateurs ne veulent pas prendre la responsabilité du forage ; et il y a beaucoup de démarches administratives. Les coûts d’installation sont élevés, également. Le manque d’entreprises qualifiées dans le forage freine aussi le marché», commente Charlotte Brunello, de Daikin Airconditioning.

Face au projet européen de réduction progressive de l’usage des gaz fluorés d’ici à 2050, Christophe Mutz reste prudent : «tant que l’on a pas d’éléments plus précis, on ne peut pas se positionner», lâche-t-il laconiquement, tout en déplorant, depuis deux ans, «qu'il n'y ait pas assez de quotas sur la période 2027-2032» pour la production d’hydrofluorocarbones en Europe.

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