Si lors du confinement, la consommation d’énergie a chuté entre 18 et 25 % selon les pays durant le confinement, sur l’année 2020, la baisse totale devrait être de 6 % dans le monde, estime l’Agence internationale de l’Énergie. Du jamais vu depuis 1930 !
Selon un scénario tablant sur l’hypothèse que les mesures de confinement mises en œuvre dans le monde entier en réponse à la pandémie seront progressivement assouplies dans la plupart des pays au cours des prochains mois, parallèlement à une reprise économique progressive, l’AIE a évalué l’impact sur la crise pour chaque vecteur énergétique.
- 9 % de pétrole
Le pétrole et le charbon seront les plus touchés. La demande du pétrole pourrait chuter de 9 % (- 9 millions de barils par jour en moyenne sur l'année), revenant au niveau de 2012 et celle du charbon baisserait de 8 %, en grande partie à cause d’une demande d'électricité inférieure de près de 5 % sur l'année, voire 10 % dans certaines régions. La consommation de gaz devrait reculer de 5 % en 2020 et le nucléaire de 3 % par rapport au niveau record qu'elle a atteint en 2019. Même les renouvelables, dont la consommation devrait augmenter de 5 % en raison des faibles coûts d'exploitation et de l'accès préférentiel à de nombreux réseaux électriques et de l’hydroélectricité, devraient voir leur croissance inférieure à celle des années précédentes.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 3 % de nucléaire
Conséquences, les émissions mondiales de CO2 devraient diminuer de 8 %, soit près de 2,6 gigatonnes (Gt), pour revenir aux niveaux d'il y a dix ans, estime l’AIE. Pas de quoi se réjouir. Comme après les crises précédentes, cependant, le rebond des émissions pourrait être plus important que la baisse, à moins que la vague d'investissements pour relancer l'économie ne soit consacrée à des infrastructures énergétiques plus propres et plus résistantes.
+ 5 % de renouvelables
Et pourquoi pas ? Cette crise a mis en évidence la résilience des énergies renouvelables, aidée certes par leur coût marginal qui les rend prioritaires sur les réseaux électriques, mais aussi parce qu’elles sont pilotables à distance et nécessitent peu de maintenance, comparé à des productions centralisées lourdes et exigeantes comme le nucléaire. "Les gouvernements peuvent tirer les leçons de cette expérience en plaçant les technologies énergétiques propres - énergies renouvelables, efficacité énergétique, batteries, hydrogène et captage du carbone - au cœur de leurs plans de relance économique. Investir dans ces domaines peut créer des emplois, rendre les économies plus compétitives et orienter le monde vers un avenir énergétique plus résistant et plus propre", espère le directeur de l’AIE. A bon entendeur.



