"La bonne nouvelle, c’est que l’usine de General Electric de Saint-Nazaire, qui produit les nacelles d’éoliennes pour le parc éolien en mer de Saint-Nazaire continue de produire", lance Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) à L’Usine Nouvelle, en sortie d’une réunion en ligne avec le ministère de la transition énergétique sur les aides à apporter à la filière. "La mauvaise, c’est que tout est à l’arrêt en matière d’appareil de chauffage au bois", observe aussi Jean-Louis Bal.
Même si l’approvisionnement en bois a été sécurisé malgré les mesures de confinement, "il n’y a plus aucune vente de poêles ou d’inserts. La production est à l’arrêt. Cela concerne une cinquantaine de PME en France", précise le président du SER. Cette situation est à l’image de la position de la filière des énergies renouvelables face à la crise du Covid-19, contrastée.
La Chine reprend ses livraisons

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Les mesures récentes annoncées par le ministère de la Transition écologique et solidaire en soutien des énergies renouvelés, visent principalement les nouveaux projets en construction ou en développement, à l’arrêt pour la plupart, pour des raisons variées. Les projets éolien et solaire en construction ont pâti de l’arrêt de la production des composants en Chine. "C’est un peu tôt pour faire un bilan complet, a expliqué Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie à L’Usine Nouvelle. On est touchés par des problèmes d’approvisionnement liés aux premières étapes de la crise coronavirus en Chine à la fois sur les panneaux solaires et des pièces d’éoliennes, les pales en particulier. Cela redémarre. Mais, dans le même temps, sur nos projets, on a des sujets d’organisation concrets, de disponibilité d’équipes et de capacité à réaliser le montage sur nos sites." Des délais qui pourraient rendre obsolètes les autorisations chèrement acquises. Le gouvernement a donc décidé d’octroyer des délais pour les dates prévues de mise en fonctionnement, mais aussi pour les réponses aux appels d’offres, pour tous les projets liés aux énergies renouvelables, biométhane compris.
Prioritaires sur les réseaux
Mais côté production, tout va bien, où presque. "Globalement, les énergies renouvelables se sortent plutôt bien de la crise du Covid-19", reconnaît Jean-Louis Bal. De fait, l'électricité renouvelables étant prioritaire sur le réseau, les producteurs ne souffrent pas de la baisse de la consommation de 15 %. De plus, profitant le plus souvent de tarifs d’achats, de subventions ou de contrats longs termes, les énergies renouvelables sont peu impactées par la crise des cours de l’énergie. "Les principaux impacts sont liés à des problèmes de maintenance", rappelle le président du SER. Et encore, selon lui, est-ce principalement l’éolien, avec ses machines tournantes dont les pièces nécessitent d’être remplacées plus souvent, qui peut être concerné.
Pilotables à distance
Car sinon, globalement, les renouvelables font preuve de résilience. "L’éolien et le photovoltaïque sont des sources d’énergie autonomes. Elles ne nécessitent pas de pilotage in situ, pas de chargement de combustible, pas d’équipe sur place. La gestion de ces parcs est essentiellement réalisée à distance, les interventions in situ sont exceptionnelles et limitées à quelques opérations de maintenance. Cette crise permet donc de souligner un atout indéniable des énergies renouvelables : leur autonomie", explique Vincent Balès, directeur de WDP Offshore France, dans un entretien accordé à l’Institut de l’entreprise.
Peu dépendantes des circuits d'approvisionnement
C’est moins vrai pour le biogaz, qui lui dépend de ressources certes renouvelables, mais dépendantes des activités humaines, comme la restauration, dont les déchets organiques alimentent certains méthaniseurs. "Certaines installations peuvent avoir des difficultés pour récolter des intrants et tournent à moindre régime, reconnaît Jean-Louis Bal. Mais jusqu’à présent aucune installation n’a dû s’arrêter." Pour éviter toute défaillance, le gouvernement a annoncé "une suspension temporaire" du contrat d’achat de biogaz pour les installations de production rencontrant des difficultés de fonctionnement, pour diverses raisons. "Le biogaz s’en tire bien", conclut Jean-Louis Bal. Il n’y est pas pour rien. Le SER a très tôt listé tous les impacts de la crise sanitaire pour tous ses membres et proposé très vite des mesures correctives, dont une bonne partie a été adoptée lors de trois téléréunions dédiées à la chaleur, les renouvelables électriques et le biogaz avec le ministère de la Transition énergétique. Presque un cas d’école de gestion de crise.



