« TotalEnergies a tiré pleinement parti de l’environnement favorable », a déclaré Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, le 10 février lors de la présentation des résultats 2021 du groupe. C’est peu dire. Profitant de l’envolée des prix du gaz sur le marché mondial au second semestre 2021 et de la demande, le deuxième producteur mondial de gaz naturel liquéfié, avec 10% de part de marché, affiche sur l'exercice 2021 un bénéfice net de 16 milliards de dollars (13,6 milliards d’euros) pour un chiffre d’affaires de 205,9 milliards de dollars.
Des résultats record – il faut remonter à 2007 pour en trouver de meilleurs – qui tranchent avec ceux de 2020. La crise sanitaire avait fait chuter le chiffre d’affaires à 140,7 milliards de dollars, pour un résultat net négatif à -7,3 milliards. « On a vu l'environnement se retourner complètement », à la fois à cause de « la conjoncture mondiale », de « problèmes logistiques » dus à la crise sanitaire, mais aussi de « baisses de production hydraulique, notamment au Brésil », observe Patrick Pouyanné.
Racheter pour 2 milliards d’actions
Une conjoncture qui persiste. Les cours du pétrole et du gaz devraient rester au plus haut encore en 2022. Or, « notre point mort dans le pétrole est à 22 ou 23 dollars, donc la machine fonctionne bien lorsque les prix atteignent 80 ou 90 $ le baril », explique le PDG de Total, qui voit durer la bonne rentabilité du groupe. TotalEnergies a donc décidé d’augmenter de 5 % les acomptes sur dividendes aux actionnaires au titre de 2022 et de racheter au premier semestre 2022 pour 2 milliards de dollars d’actions grâce au surplus de bénéfices de la vente d'hydrocarbures.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Un geste pour les clients français
Pour partager un peu de ses résultats exceptionnels avec ses clients touchés de plein fouet par la hausse des prix de l’énergie, TotalEnergies a annoncé le 9 février qu’il allait appliquer une réduction de 100 euros sur la prochaine facture de gaz de ses clients bénéficiaires du chèque énergie et une remise de 10 centimes par litre de carburant acheté dans l’une de ses 1150 stations-services rurales. « Ce qui n’est pas minime. C’est de la solidarité, de la responsabilité, mais on a choisi nos cibles », explique Patrick Pouyanné, qui reconnaît aussi que « si on ne l’avait pas fait, cela aurait été pire que tout ».
3,5 milliards dans les renouvelables
Le pétrolier a aussi décidé de rester sur un volume d’investissements de 13 à 15 milliards de dollars par an pour la période 2022-2025. Pour 2022, le groupe annonce déjà que ce sera plutôt 14 milliards, contre 13 milliards en 2021. La moitié servira à la maintenance des activités pétrole et l’autre moitié à la croissance dans le gaz (environ un quart des investissements totaux), dans la biomasse, et un solde de 3,5 milliards dans l’électricité et les renouvelables. Pour atteindre son objectif de 35 GW de capacités installées électriques renouvelables et stockage en 2025, Total veut doubler son effort et passer de 3 à 6 gigawatts de capacités installées par an. Grâce à l’acquisition de 4,5 GW de solaire en Inde, TotalEnergies a atteint 10,3 GW en 2021. Il vient de gagner 2 GW d’éolien en mer en Écosse. L’entreprise vient aussi d’annoncer l’acquisition d'un portefeuille de 100 MW par an de solaire commercial et industriel à sa filiale américaine SunPower.
Réinvestir dans le pétrole et le gaz
Mais TotalEnergies reste avant tout un producteur de pétrole et de gaz. Le développement dans le GNL reste la priorité, avec des projets en Arctique, en Papouasie Nouvelle-Guinée, au Qatar et au Mozambique, où le projet ne sera pas relancé tant que « la sécurité des populations ne sera pas durablement garantie ». Pas question de « revenir pour repartir six mois plus tard, cela tuerait le projet », explique Patrick Pouyanné.
Le groupe continue aussi d’investir dans le pétrole là où il est le moins cher à produire pour en revanche sortir des projets trop chers. Après avoir renoncé à un projet en eaux profondes au large de l’Amazonie en 2020, TotalEnergies a annoncé arrêter son projet North Platte dans le Golfe du Mexique. « Ces 2 milliards de dollars, on préfère les mettre sur d’autres projets plus rentables », explique Patrick Pouyanné. Des projets comme celui de 23 milliards en Irak, qui associe pétrole et solaire, ou celui, plus controversé en raison de son impact humain et environnemental, du lac Albert en Ouganda et Tanzanie, qui représente un investissement de 10 milliards de dollars. Un projet financé sur la partie exploitation, mais pas encore sur la partie oléoduc jusqu’à la mer, a reconnu PDG de TotalEnergies.
Traquer les fuites de méthane
Enfin, TotalEnergies dit vouloir intensifier sa chasse aux fuites de méthane. «On est sur la trajectoire annoncée pour 2030 de -40 % d’émissions de méthane, mais on veut maintenant les réduire de 80 % », explique Patrick Pouyanné. Ce nouvel objectif sera confirmé à l’occasion de la publication, le 24 mars, du premier rapport « Sustainability & Climate Progress Report 2022 ».



