Spécialisé de la production et de la commercialisation de granulés de bois, EC Bioénergie (175 salariés), filiale du groupe allemand JRS (3 500 collaborateurs sur 90 sites) a décidé d’engager 29 millions d’euros d’investissement pour implanter sa future usine de pellets sur la friche industrielle de Danzer (ex-Juraplacages) à Souvans (Jura) dont les portes ont fermé en décembre 2019. «Avec notre autre site français, nous sommes déjà présents sur le marché national et nous avons donc nos réseaux de distribution, se réjouit Sylvain Gully, directeur de projet EC Bioénergie pour la France. Cette nouvelle usine, notre 9ème site, va accompagner la croissance du marché qui prévoit un million de tonnes nécessaires en plus d’ici 2028. Le pellet a de beaux jours devant lui.»
Un futur site adapté
EC Bioénergie a choisi les 30 000 mètres carrés du site jurassien pour des raisons complémentaires. «Nous n’utiliserons que le tiers de l’espace disponible. Le site disposait de toutes les autorisations administratives nécessaires pour le travail du bois donc nous n’avions que des modifications mineures à demander et des délais d’instruction plus court par rapport à un nouveau site», complète Sylvain Gully. L’ancienne usine de Danzer possède également des infrastructures adaptées au projet telles qu’une chaudière récente, primée par l’Ademe.
Le dernier argument qui a fait mouche auprès d'EC Bioénergie est la disponibilité en bois feuillu dans le Jura. «Habituellement, les usines de granulés travaillent du bois résineux, car les technologies ont été développées en Allemagne et en Autriche où ce bois est majoritaire,détaille le responsable. La ressource résineuse est limitée en France tandis que le feuillu n’est pas forcément utilisé donc nous nous positionnons sur cette ressource.» L’entreprise compte aussi sur ce bois à proximité pour réduire l’empreinte carbone de ses transports, en cessant d’importer du bois allemand, tout en contenant ses coûts. «En 2022, la tension sur le marché du pellet a porté, tant sur la ressource en résineux que sur l’augmentation des prix de l’énergie» précise Sylvain Gully.
Compléter l’existant
Le site ne nécessitant que peu d’aménagement, l’enveloppe prévue pour le projet permettra l’acquisition des équipements nécessaires à l’exploitation du bois de trituration, la partie coupée haute de l’arbre qui n’est pas utilisée par la sylviculture, contribuant ainsi à la revalorisation de ce déchet pour le transformer en bois énergie. «Nous allons utiliser jusqu’à 75% de bois de trituration, des morceaux de deux à quatre mètres de long de faible diamètre. Nous allons donc acquérir des écorceuses et des broyeurs à bois» complète le chargé de projet. La future usine devrait débuter son activité au premier trimestre 2025 et employer 35 salariés.



