Parmi les six sites de production d’Ardec Industries, spécialiste du décolletage de pièces techniques en acier inoxydable de moyennes séries, trois vont bénéficier d’une enveloppe globale de 10 millions d’euros d’investissement soutenus, en partie, par l’Etat dans le cadre de l’appel à projets Diversification des sous-traitants de la filière automobile. La fin annoncée de la vente des véhicules thermiques neufs en 2035 conduit le groupe à s’équiper pour se tourner vers d’autres filières.
Le site de Meca Forging à Rioz (Haute-Saône) va ainsi profiter de 4 millions d’euros d’investissement d’ici à 2024. L’entreprise, créée par le groupe en 2015 pour répondre aux besoins de ses clients en frappe à froid, fournit le secteur automobile avec des pièces destinées aux échappements des véhicules. «Nous allons acquérir des équipements qui n’existaient pas sur le site pour aller vers de nouvelles activités, comme la reprise d’usinage sur les pièces que l’on aura frappées, mais aussi vers de nouveaux marchés en dépassant nos limites techniques actuelles» détaille Jérôme Papy, directeur de Meca Forging.
Le site va d’abord acquérir quatre nouvelles machines de taraudage, de contrôle et d’usinage en février 2023. Dans une seconde phase, le groupe prévoit d’équiper Meca Forging d’une seconde presse à mi-chaud de 2 millions d’euros pour réaliser des pièces spécifiques. Cette acquisition s’accompagnera d’un nouveau bâtiment compris entre 1 000 et 2 000 mètres carrés qui devraient sortir de terre en 2024. L’entreprise de 18 salariés recrutera entre six et huit personnes dans la période. Meca Forging entend multiplier sa présence dans les équipements de la défense, mais aussi sur le marché des véhicules électriques, avec des pièces d’habitacle.
Le décolletage, au-delà de l’automobile
Comme Meca Forging, Décolletage Jurassien voit son chiffre d’affaires reposer à plus de 80% sur la filière automobile pour son activité de transformation de l’acier inoxydable. «Nous réalisons des sondes pour échappement», précise Stéphane Lucas, président du groupe Ardec Industries. Pour se dégager des capacités avec des moyens technologiquement plus modernes et plus pointus et ainsi développer de nouveaux produits et atteindre plus de précision, le site Décolletage Jurassien à Champagnole (Jura) va bénéficier d’un investissement de 4 millions d’euros. L’entreprise, qui réalise de la grande série, va acquérir deux machines de décolletage. Ces équipements l’aideront à prendre de nouvelles parts de marché dans les secteurs du médical, de la pharmacie ou du luxe, où elle est déjà présente, mais aussi à se faire une place dans le secteur du bâtiment. «Nous recruterons, mais l’objectif est d’abord de maintenir les 45emplois», insiste Stéphane Lucas, qui entend aussi faciliter la R&D au sein de la structure.
Légèrement moins concernée par le secteur automobile, qui ne représente que 50% de son chiffre d’affaires, APM, spécialiste des moyennes séries avec des bi-broches, basé également à Champagnole, va profiter d’une enveloppe de 2 millions d’euros pour acquérir quatre machines de décolletage entre 2023 et 2025 avec l’ambition de séduire les secteurs de la cosmétique, du luxe ou de la pharmacie, mais aussi de continuer à intervenir sur les moteurs hybrides.
En effet, le groupe Ardec Industries, qui compte 230 salariés pour un chiffre d’affaires 2022 de 38 millions d’euros, profite encore de la tendance des acteurs français de l’automobile à rapatrier leur production asiatique en Europe. «C’est une bonne nouvelle en trompe-l’œil car la fin du véhicule thermique est annoncée. Nous devons nous préparer à une baisse d’activité dans les prochaines années. Il est donc plus prudent de se préparer à d’éventuelles difficultés» ajoute Stéphane Lucas.



