Près de 1 000 emplois menacés chez Nokia en France

Nokia s’apprêterait à supprimer près de 1 000 postes en France, le quart de ses effectifs dans l’Hexagone. Pour la première fois depuis le rachat d’Alcatel-Lucent en 2016, les activités R&D seraient touchées. Les syndicats crient à la délocalisation des emplois.

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Site de Nokia à Nozay, dans l'Essonne.

Des informations commencent à filtrer sur le nouveau projet de plan social de Nokia en France qui sera présenté aux élus le 22 juin 2020. Selon les indiscrétions de managers en interne, l’équipementier finlandais des télécoms envisagerait la suppression de près de 1 000 postes, ce qui représenterait le quart de ses effectifs en France en dehors de l’entité ASN en charge des câbles sous-marins.

R&D, deux tiers des postes à supprimer

Ce sera le quatrième plan social depuis le rachat d’Alcatel-Lucent par Nokia en 2016. Il serait le plus massif et toucherait les deux sites: Nozay, dans l'Essonne, et Lannion, dans les Côtes-d'Armor. Les trois plans sociaux précédents se limitaient à 600 postes en 2017, 470 en 2018 et 400 postes en 2019. Pour la première fois, les activités de R&D seraient touchées. Elles subiraient les deux tiers des suppressions de postes envisagées.

Jusqu’ici, Nokia s’était bien gardé de toucher la R&D, une fonction clé dans sa course à la 5G. Le groupe avait même fait de Nozay, son plus grand site en France avec près de 3 000 personnes, son centre mondial de développement de la nouvelle génération de mobiles. Lors du rachat d’Alcatel-Lucent, le groupe s’est engagé à maintenir l’emploi et à renforcer l'effectif de R&D. Il estime que ses engagements ont pris fin il y a six mois, ce qui expliquerait l’ampleur et l’étendue du nouveau plan social.

Les salariés se sentent abusés

Selon la CGC-CFE, l’activité du groupe en France aurait perdu près de 2 000 emplois depuis 2016 en tenant compte de l’érosion naturelle des effectifs et de départs jamais remplacés. " Les gens se sentent abusés, affirme à L’Usine Nouvelle son délégué Frédéric Aussedat. Ils ne croient plus à l’avenir de Nokia en France. Nous ne faisons que gérer la décroissance. La litanie des plans sociaux va continuer jusqu’à ce que l’objectif fixé lors du rachat d’Alcatel-Lucent soit atteint, à savoir un effectif en France de 1 500 personnes, dont 1 000 en R&D. "

La CGC-CFE accuse la direction de sabrer dans les emplois en France pour les délocaliser en Pologne et en Inde, deux pays à coûts de main-d’œuvre plus bas.

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