Nomination

Nokia change de PDG pour accélérer sa course dans la 5G

Après plus d’une décennie à la tête de Nokia, Rajeev Suri est sur le départ. Il laissera son poste de PDG à Pekka Lundmark, actuel patron du groupe énergétique Fortum. Le nouveau patron aura la délicate mission d’accélérer la course de l’équipementier télécoms finlandais dans la 5G.

 

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Pekka Lundmark, nouveau PDG de Nokia
Pekka Lundmark, futur PDG de Nokia.

Remaniement surprise à la tête de Nokia. L’indien Rajeev Suri, qui dirige le groupe depuis plus d’une décennie, a démissionné. Le 1er septembre 2020, il cédera son poste de PDG au finlandais Pekka Lundmark, actuel patron du groupe énergétique Fortum. Ensuite il servira de conseiller au conseil d’administration jusqu’au 1er janvier 2021.

Défi dans les équipements d'accès 5G

"Après 25 ans chez Nokia, je voudrais quelque chose de différent, déclare Rajeev Suri dans le communiqué. Nokia fera toujours partie de moi et je tiens à remercier tous ceux avec qui j'ai travaillé au fil des ans pour avoir contribué à faire de Nokia un meilleur endroit et de moi un meilleur leader. Je quitte l'entreprise avec la conviction qu'un retour à de meilleures performances est à l'horizon et avec fierté pour ce que nous avons accompli au fil du temps. "

Avec ce changement, une page se tourne dans l’histoire du groupe finlandais. Avec l’intégration de l’activité réseaux de Siemens puis l’acquisition d’Alcatel-Lucent, Rajeev Suri a fait de Nokia un groupe de 102 000 personnes dans le monde (dont plus de 4 500 en France) et de 23,3 milliards d'euros de chiffre d’affaires en 2019, deuxième équipementier télécoms mondial derrière le chinois Huawei Technologies mais devant le suédois Ericsson.

Mais ses mandatures sont marquées par une longue période de difficultés avec plusieurs plans successifs de suppressions de postes et de réduction de coûts. Certains analystes lui reprochent d’être allé trop loin dans la cure d’amaigrissement au point de mettre le groupe en retard technologique dans la 5G. "Nous reconnaissons avoir été confrontés à des défis dans les équipements d'accès mobile et en matière de génération de cash ", concédait-il lors de la présentation des résultats 2019, le 6 février 2020.

Difficultés avec la puce maison

Si Nokia est passé au vert en 2019 après trois années consécutives dans le rouge, le chiffre d’affaires n’a progressé que de 1% à monnaie constante, la marge d’exploitation n’atteint que 2,1% et le groupe reste loin de son objectif de générer un flux de trésorerie de 2 milliards d’euros. Dans les équipements d’accès 5G, les difficultés du groupe viennent de ses déboires lors du passage des circuits logiques programmables (FPGA pour Field programmable gate array) d'Intel à sa puce maison ReefShark. Une transition indispensable pour améliorer sa compétitivité, réduire la consommation d’énergie de ses antennes et baisser les coûts.

Pekka Lundmark aura la délicate mission d’accélérer cette évolution et donner un nouveau souffle au groupe dans la course de la 5G. Car selon les cabinets d’études de marché Omdia et Dell’Oro, Nokia reste à la traîne dans les stations de base 5G en 2019 derrière non seulement Huawei Technologies mais aussi Ericsson.

Cet ingénieur de 56 ans, diplômé de l’université de Helsinki, marié et père de trois enfants, connait bien maison. De 1990 à 2000, il y a occupé différentes fonctions dont celle de directeur de la stratégie et du développement.

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