Les syndicats chez Nokia France sont sous le choc. Les élus sont convoqués le lundi 22 juin pour un CCSE avec au menu un nouveau plan social. Aucun détail n’a filtré. Il s’agit du quatrième plan de réduction des effectifs en France depuis que l’équipementier télécoms finlandais Nokia a racheté Alcatel-Lucent en novembre 2016 et le neuvième depuis la fusion entre Alcatel et Lucent Technologies en 2006.
Charge de travail importante
" Nous sommes tombés de nos chaises quand nous avons reçu la convocation, confie à L’Usine Nouvelle Bernard Trémulot, délégué CFDT. Rien ne nous laissait entrevoir un tel projet. Pendant cette crise du Covid-19, nous étions tous fortement mobilisés. Mis à part les deux dernières semaines de mars, la charge de travail était importante tant pour les équipes de R&D que les gens du support."
Même tonalité à la CGT. " Nous sommes écœurés, s'indigne le délégué Claude Josserand. Lors de la commission économique du CCSE la semaine dernière, tout semblait aller bien. On nous disait qu’avec le télétravail nous avons amélioré notre compétitivité, qu'on était en train de dépasser Ericsson dans la 5G, et que les opérateurs n’avaient pas baissé leurs investissements. Mais les PSE sont une vraie maladie chez Nokia. Il y avait des signes internes qui auraient dû nous mettre la puce à l’oreille. Nous ne voyions plus la direction et toutes les négociations avec les partenaires sociaux étaient suspendues. "
Le dernier plan social, annoncé en février 2019, devait se boucler en juin 2020 avec la suppression d’environ 400 postes, officiellement sur la base du volontariat. "Il devrait se prolonger jusqu’à la fin de l’année et se traduire par 40 licenciements contraints, précise le délégué de la CGT. Car, compte tenu de la détérioration de la situation de l’emploi par le Covid-19, certains volontaires sont en train de faire marche arrière."
Fin des engagements de Nokia en matière d'emploi
Lors du rachat d’Alcatel-Lucent, Nokia a pris vis-à-vis de Bercy des engagements en matière de maintien de l’emploi et de renforcement de la R&D. Ces objectifs, décalés plusieurs fois, prennent fin en juin 2020. "Nokia se sent maintenant libre de faire ce qu’il veut", conclut Claude Josserand.
Les quatre syndicats, CFDT, CGE-CFE, CGT et CFTC, ont décidé de travailler ensemble au sein d’une intersyndicale. Ils demandent à être reçus au plus vite par Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des finances, en charge notamment des télécoms et de l’industrie.
Selon les syndicats, Nokia compte environ 3 700 personnes en France au sein de l'entité Alcatel-Lucent International concernée par le projet de réduction des effectifs: 2 900 à Nozay, en Essonne, et 800 à Lannion, dans les Côtes d’Armor. Le prochain plan social touchera ces deux sites.



