Renault sécurise sa chaîne d’approvisionnement. Vendredi 8 octobre, le constructeur automobile a annoncé la signature d’un contrat avec l’entreprise finlandaise Terrafame pour se fournir en nickel. En s’adressant directement à un producteur de métal, le groupe français veut surmonter les épineux défis de production des batteries.
Les deux entreprises restent discrètes sur les éléments financiers de l’accord. Il porte en tout cas sur une capacité annuelle d’environ 15 GWh, soit l’équivalent de 300 000 véhicules électriques. Renault parle d’un approvisionnement « significatif » mais il en faudra plus pour combler les besoins du constructeur automobile : ne serait-ce que sur le pôle industriel ElectriCity dans les Hauts-de-France, il prévoit de produire 400 000 véhicules électriques par an à l’horizon 2025.
Réduire la dépendance à l’Afrique et l’Asie
Cette coopération directe avec un acteur de la métallurgie doit permettre à Renault réduire sa dépendance aux autres continents. « Nous nous évitons le trajet de la mine à la raffinerie. En général, la mine est plutôt en Afrique et le raffinage en Asie. Là tout est au même endroit et en Europe », souligne Renault contacté par L’Usine Nouvelle.
Installé à Sotkamo (Finlande), Terrafame a démarré son usine d’éléments chimiques pour batteries en avril 2021. Sur place, la jeune entreprise fondée en 2015 produit du sulfate de nickel grâce à la biolixiviation. Cette méthode permet de récupérer des métaux dans les déchets miniers et électroniques à l’aide de bactéries. « Le système de production intégré de Terrafame commence et se termine sur un seul site industriel, de la mine à la production de produits chimiques pour batteries », fait valoir Renault dans un communiqué.
Une production moins énergivore
Avec ce fournisseur européen, Renault espère mieux maîtriser les mécanismes de prix et la traçabilité des produits chimiques. L’entreprise insiste aussi sur l’efficience énergétique de Terrafame. Selon Renault, la méthode de biolixiviation « utilise environ 90 % d'énergie en moins que la moyenne de l'industrie pour la production de sulfate de nickel ». Un atout non négligeable alors que les autorités européennes se penchent sur l’empreinte carbone liée à la production des batteries.
En juin, Renault avait annoncé un partenariat avec le groupe chinois Envision pour bâtir une usine de batteries sur son site de Douai (Nord). L’accord avec Terrafame devrait permettre d'approvisionner la future gigafactory. Alors que l'Europe va connaître une explosion de la demande en accumulateurs, l'ensemble du secteur cherche des solutions pour éviter les pénuries.



