Sous le feu des critiques depuis les attaques des fonds activistes contre sa stratégie, Emmanuel Faber, le directeur général de Danone peut compter sur le soutien de ses salariés. Les syndicats, qui entrent dans une phase de dialogue social, préfèreraient le mener avec la direction actuelle.
"La gouvernance actuelle est la meilleure"
Dans un communiqué envoyé le 15 février, la CFDT et FO estiment que "la gouvernance actuelle est la meilleure pour continuer l’engagement pris il y a 50 ans avec les bons résultats." Les syndicats s'inquiètent des attaques lancées par Bluebell Company et Artisan Partners, deux fonds montés au capital de Danone en 2020 et qui reprochent à l'entreprise des résultats financiers inférieurs à ceux de la concurrence. Les représentants des salariés s'alarment de la vision court-termiste qui caractérise souvnt les fonds activistes. "L'arrivée de ces fonds nous alerte, car nous sommes tout à fait conscients qu'ils ne sont pas là pour faire du social et de l'environnemental", confie à L'Usine Nouvelle Laurent Pouillen, délégué FO de Danone faisant référence au double projet de l'entreprise.
Des craintes pour le dialogue social
Face à la menace d'un changement de gouvernance, les salariés craignent également une dégradation du dialogue social. "A l'heure actuelle, nous connaissons nos interlocuteurs. Emmanuel Faber a toujours été à la disposition des organisations syndicales et toujours été présent aux différents comités de groupe" précise Laurent Pouillen. La crainte des syndicats est d'autant plus forte qu'ils sont actuellement en train de négocier un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant 400 postes en France.
Face à cette menace, estime Laurent Pouillen, il est nécessaire que le conseil d'administration face barrage. "L'enjeu est la survie du modèle de Danone, qui se base à la fois sur les résultats financiers et sur le projet social de l'entreprise" précise le responsable syndical. Une demande qui semble vaine, puisque Franck Riboud, ancien PDG de l'entreprise et président du conseil d'administration, serait prêt à sacrifier Emmanuel Faber face aux demandes des actionnaires.



