Le fonds activiste anglais Bluebell a créé la surprise lundi 18 janvier en annonçant avoir pris des parts au capital du géant français Danone. Fort de cette participation, inférieure à 5%, Bluebell demande la démission d'Emmanuel Faber, le PDG de Danone.
"Sous l'action de M. Faber, le groupe n'a pas géré au mieux le bon équilibre entre le retour de valeur pour les actionnaires et le développement durable" explique le fonds dans une lettre envoyée à l'entreprise.
Un fonds déjà présent dans plusieurs entreprises

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Ce coup d'éclat n'est pas le premier à l'actif du fonds anglais. Crée en 2019 par Francesco Trapani, patron historique de la marque de luxe Bulgari, le fonds anglais est déjà au capital de la compagnie aérienne allemande Lufthansa ou de la marque de luxe Hugo Boss.
Mark Langer, le dirigeant de cette dernière, a d'ailleurs été la première victime de Bluebell. "Langer est peut-être un bon directeur financier [son ancien poste avant de devenir PDG, ndlr], mais nous ne pensons qu'il a le profil et la crédibilité nécessaires pour diriger une entreprise comme celle-ci", avait expliqué le fonds en mars 2020. Face à cette contestation, le dirigeant d'Hugo Boss a été contraint de démissionner.
Danone fragilisé par sa structure capitalistique
Est-ce le même sort qui attend Emmanuel Faber ? C'est du moins ce qu'espèrent Francesco Trapani et son équipe. Bien que doté de 60 millions d'euros, ce qui en fait un fonds considéré comme "modeste", l'attaque de Bluebell sur Danone pourra tirer avantage de la fragilité actionnariale du géant laitier, avec 686 629 600 actions en circulation en juillet 2020 et un capital très dilué. Selon les données communiquées par le groupe français, ses deux actionnaires connus détenant le plus de capital sont MFS Investment Management et le fonds Blackrock. Ils détiennent respectivement 7,4 % et 5,7% des actions de l'entreprise. "Danone a toujours été opéable" reconnaissait d'ailleurs Emmanuel Faber lors de l'annonce de la réorganisation de l'entreprise.
En 2018, un autre fleuron français, Pernod Ricard, était sous le feu des attaques du fonds vautour Elliott. Mais à la différence de Danone, Pernord Ricard a pu compter sur le poids de la famille fondatrice, qui détient encore plus de 20% des droits de vote pour résister aux assauts d'Elliott.



