Chronique

Pourquoi le ministère des Armées veut accélérer sur l’intelligence artificielle

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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SCAF images de synthèse
L'IA est au coeur du Scaf, l'avion de combat du futur, pensé en mode collaboratif.

Pour le ministre de la Défense Sébastien Lecornu, pas de doute à propos de l'intelligence artificielle : «Soit l'armée française prend date, soit elle décroche». Il a totalement raison. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le secteur de la défense est en retard sur l’intégration de l’IA. Et c'est dommage.

Aujourd'hui l’armée la plus puissante n’est pas la plus grosse en nombre d’hommes ou de blindés. C’est celle qui est capable d’analyser en temps réel le plus grand nombre de données possibles. Avec les radars, les images satellites, les drones, les militaires font face à un déluge d’informations, mais on manque d’outils pour traiter en temps réel cette donnée. Et ça seule l’IA est capable de le faire. C'est pour cela que l'achat d'un super calculateur pour faire de l'IA "classifiée" à partir de données secret-défense est prévue pour 2025.  

La guerre en Ukraine a accéléré le développement de l'IA à usage militaire. La multiplication des territoires de conflits au Moyen-Orient ou en Ukraine rend la somme de ces informations toujours plus grande. Et pour être efficace, l’humain a besoin d’être épaulé par l’IA. Les cycles d’innovation dans le domaine militaire prennent des années, voire des dizaines d’années, Là en deux ans de conflit, on a déjà eu plusieurs révolutions technologiques.

La France n’a pas attendu la guerre malgré tout pour tenter des choses. L'IA a par exemple aidé à produire une solution d’analyse automatisée de l’acoustique sous-marine pour assister le travail des «oreilles d’or» de la Marine nationale. Vous savez c’est la mission du personnage de François Civil dans le film "Le chant du loup", chargé d’écouter et d’analyser le moindre bruit…

Des acteurs privés se lancent aussi dans la bataille. Comme Helsing. Créé en 2021 c’est la première et la seule licorne de l’IA de la défense en Europe. C’est aujourd'hui un groupe franco-allemand qui débauche les plus grands noms du secteur comme Antoine Bordes qui a dirigé pendant des années l’IA chez Facebook. Ils viennent de signer un contrat pour rendre plus intelligent 15 Eurofighters allemand. Côté français ils vont travailler avec Nexter sur le canon Caesar. «Ce canon est bien sûr l’un des plus performants au monde, mais il ne sait pas où tirer : les armées adverses sont souvent cachées, soit dans la nature, soit sous un brouillard électromagnétique, assure Antoine Bordes. Avec nos logiciels, on arrive à localiser l’ennemi et donc à tirer au bon endroit.» Ça permet de tirer moins et plus juste. Effectivement la France ne peut pas rater ce virage pour assurer au mieux sa sécurité demain. 

Et retrouvez cette chronique, et les précédentes, sur le site de France Inter.

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