Pourquoi le Japon subventionne une usine de mémoires flash de Kioxia et Western Digital

Le gouvernement japonais accorde une subvention de près de 700 millions de dollars à la nouvelle usine de mémoires flash 3D de Kioxia et Western Digital construite sur le site de Yokkaichi, au Japon. Un geste qui s’inscrit dans une nouvelle politique visant à soutenir la production de puces de pointe dans le pays et à sécuriser les approvisionnements en semi-conducteurs.

 

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L'usine Fab 7 de mémoires flash 3D de Kioxia et Western Digital
L'usine Fab 7 de mémoires flash 3D de Kioxia et Western Digital

Le fabricant japonais de mémoires flash Kioxia et son partenaire américain Western Digital ont annoncé le 26 juillet avoir décroché une subvention du gouvernement japonais pour leur nouvelle usine commune Fab7 de mémoires flash NAND sur le site de Yokkaichi, au Japon. Le montant de l'aide peut atteindre jusqu'à 92,9 milliards de yens, l’équivalent de près de 700 millions de dollars.

Ce n’est pas la première fois que Tokyo accorde des subsides publics en soutien à son industrie des semi-conducteurs. Mais jusqu’ici, ce genre d’aide faisait rarement l’objet d’une communication publique. Si Kioxia et Western Digital ont été autorisés à l’annoncer, c’est pour envoyer un signal fort en direction des fabricants de puces du monde entier. Le message est clair : le Japon sait se montrer généreux envers les fabricants de semi-conducteurs qui décident d'investir dans la production et la recherche dans le pays.

Une politique généreuse de Tokyo

Des Etats-Unis à Singapour, en passant l’Union européenne, Taïwan, la Corée du Sud ou la Chine, toutes les puissances industrielles du monde sont engagées dans une course à l’échalote pour attirer les investissements de production de semi-conducteurs. Elles partagent la volonté de sécuriser les approvisionnements et de réduire les risques liés à la concentration de la production des circuits les plus avancés dans deux pays : Taïwan et Corée du Sud.

Le Japon se targue d’avoir mis en place une politique particulièrement généreuse pour soutenir la production de semi-conducteurs de pointe sur son territoire. A l’heure des tensions géopolitiques autour de Taïwan, où ses grands industriels des puces comme Sony ou Renesas font fabriquer une partie importante de leurs composants, l’objectif est de réduire sa dépendance et de sécuriser ses approvisionnements. C’est ainsi qu’il a réussi à convaincre le taïwanais TSMC, le plus gros fondeur mondiale de puces, d'ouvrir une mégafab dans le pays en partenariat avec Sony et Denso. Pour cela, il a accepté de débourser 3,5 milliards de dollars, finançant près de la moitié du coût total du projet.

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L'usine la plus moderne de Kioxia et Western Digital

La subvention accordée à l’usine Fab 7 de Kioxia et Western Digital s'annonce plus modeste. Mais elle ne concerne que la première phase de l’usine. Le projet Fab 7 a été annoncé en octobre 2020 pour un investissement total de 9,5 milliards de dollars selon le Nikkei Asia. Cette usine, la septième commune à Kioxia et Western Digital, est présentée comme la plus grande et la plus moderne des deux entreprises. La première phase est déjà construite. Elle devrait entrer en production à l’automne 2022. Elle sera dédiée à la fabrication de mémoires flash 3D à 112 et 162 couches, actuellement les plus avancées des deux entreprises.

Kioxia et Western Digital sont partenaires dans le développement et la production de mémoires flash NAND depuis 2020, pour faire contrepoids au sud-coréen Samsung qui domine le marché. Ensemble, ils détiennent 31,4 % du marché au premier trimestre 2022 selon le cabinet TrendForce, contre 35,3 % pour le géant sud-coréen de l'électronique.

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