Alors que la Chine et les Etats-Unis, renforcent leurs investissements dans la fabrication de puces, les responsables japonais ne veulent pas que leur pays soit complètement évincé. Après « trois décennies perdues », selon le ministère japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (METI), la part du pays dans la fabrication mondiale de puces est en effet passée de la moitié à un dixième. Le Japon a perdu des clients au profit de rivaux moins chers et n'a pas réussi à conserver son avance dans la production de pointe.
« Nous ne pouvons pas nous contenter de continuer comme nous l'avons fait, nous devons agir à un niveau complètement différent », a déclaré l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en mai devant des membres de son parti politique. L'avenir des entreprises japonaises, toujours leaders mondiaux, qui fournissent aux fabricants de puces des éléments tels que les tranches de silicium, les films chimiques et les machines de production, constitue ainsi une préoccupation majeure.
La Chine investit massivement
Le gouvernement craint qu'en attirant sur leur sol des géants asiatiques de la fonderie de puces tels que Taiwan Semiconductor Manufacturing (TSMC), les Etats-Unis n'incitent les entreprises japonaises à les suivre. Les inquiétudes se concentrent notamment sur les fabricants de plaquettes Shin-Etsu Chemical et Sumco, le fournisseur de résine photosensible JSR et les constructeurs de machines de production Screen Holdings et Tokyo Electron.
En 2020, les investissements dans les équipements de production de puces ont augmenté de 19 % par rapport à l'année précédente, à un record de 71,2 milliards de dollars. Ceux de la Chine ont bondi de 39 % à 18,72 milliards de dollars, le propulsant en tête des pays investisseurs, selon les chiffres de SEMI, le syndicat des équipementiers des semi-conducteurs. Le pays devance ainsi Taiwan (17,15 milliards de dollars) et la Corée du Sud (16,08 milliards de dollars), les deux Etats qui se disputaient jusqu’ici la première place.
Avec Reuters (Tim Kelly, avec Takashi Umekawa et Ben Blanchard; version française Camille Raynaud)


