Boccard enrichit sa palette de produits. Au début du mois d’octobre, ce concepteur, fabricant et opérateur de maintenance d’équipements industriels (tuyauterie, chaudronnerie, cuves inox, bioréacteurs, mélangeurs…) à destination des secteurs de l’énergie, du nucléaire, de l’agroalimentaire et de la cosmétique (3000 personnes dans 20 pays, dont 1400 en France), créé en 1918 et basé à Villeurbanne (Rhône) a acquis, pour un montant non-communiqué, le chaudiériste Leroux & Lotz Technologies.
«Nos grands clients expriment le besoin d’échanger avec des acteurs qui intègrent tous les composants de la gestion de l’énergie. Nous fournissions déjà des chaudières achetées en consortium, des turbo-alternateurs, des systèmes de traitement de fumées, de la tuyauterie et des vannes. Le marché de la chaudière industrielle est en croissance, tiré par les besoins de génération d’électricité, et par les problèmes d’enfouissement ou de retraitement des déchets», explique Philippe Lazare, le directeur exécutif de Boccard Energy Solutions, la division chargée de l’énergie de Boccard.
Créé en 1946 et situé à Nantes (Loire-Atlantique) et à Echirolles (Isère), Leroux & Lotz Technologies conçoit et construit des chaudières industrielles. L’entreprise (95 personnes) s’est notamment spécialisée sur les secteurs du recyclage et de la valorisation des déchets, avec par exemple du retrofit d’unités de valorisation énergétique, ou bien dans la conversion d’usines vers des sources d’énergie alternatives, comme la biomasse, le bois déchet ou les combustibles solides de récupération (CSR).
L’agroalimentaire parmi les marchés cibles
Un profil qui sied bien au tropisme de Boccard pour ces problématiques. «La combustion d’ordures ménagères, de bois ou de CSR répond aux problématiques probantes d’enfouissement des déchets, et permet de disposer d’alternatives aux combustibles fossiles», illustre Philippe Lazare. Boccard ajoute donc la chaudière à ses compétences, qui étaient déjà celles de fabricant de systèmes de traitement de fumées (en sortie de chaudières).
Avec l’intégration de compétences en matière de chaudières, Boccard compte aussi s'adresser aux marchés de l’agroalimentaire, pour la valorisation de déchets sous forme de production d’électricité, et de récupération de la vapeur. Avec sa marque Meura, Boccard est l’un des leaders en matière de filtration de la bière en continu. Le groupe évolue aussi dans les secteurs de la cosmétique, de l’hygiène, de la pharmacie et des biotechnologies. Il a notamment fourni des technologies de maîtrise des fluides hors process dans la nouvelle usine de vaccins de Sanofi à Neuville-sur-Saône (Rhône), inaugurée en septembre.
«Nous nous laissons la possibilité de travailler en partenariat avec un autre chaudiériste, tandis que Leroux & Lotz Technologies gardera son autonomie, partagée avec les enjeux de Boccard. Il y a aussi des synergies à développer dans l’ingénierie», précise Philippe Lazare.
Des perspectives de développement dans le nucléaire
Boccard entend aussi profiter du renouveau du nucléaire, puisque l’entreprise a participé à la construction et à la maintenance de 44 réacteurs en France. À défaut d’avoir été retenu pour l’EPR2 de Penly (Seine-Maritime), le groupe a remporté, auprès d’Orano un projet au Tricastin (Drôme) autour de modules électromécaniques destinés à l’enrichissement de l'uranium, avec deux lots (stations et tuyauterie aluminium). En Angleterre, il a ouvert en 2022 une usine destinée à alimenter en tuyauterie la centrale d’Hinkley Point C. Autre projet en cours, celui du réacteur de recherche Jules Horowitz, sur le site CEA de Cadarache (Bouches-du-Rhône), à travers la fourniture de 49 systèmes fluides.



