Ils ne veulent pas se marcher sur les pieds. Mardi 22 juin, après plusieurs mois de négociations, l’Union européenne (UE) et l’Agence spatiale européenne (ESA) ont signé un accord-cadre de partenariat financier. Le texte définit les responsabilités des différentes institutions européennes qui comptent dans le spatial : la Commission européenne, l’ESA et la toute nouvelle EUSPA (European Union Agency for the Space Programme). Avec cette entente, l’Europe entend défendre sa souveraineté dans ce domaine hautement disputé qu’est l’espace.
« Une chaîne de commandement claire »
« Il est très important d'avoir une chaîne de commandement claire », a présenté Timo Pesonen, directeur général pour l’industrie de la défense et l’espace au sein de la Commission européenne. Tandis que la Commission européenne attribue les fonds, l’ESA restera l’architecte des différents programmes avec son expertise scientifique. La nouvelle EUSPA s’occupera quant à elle de l’exploitation des programmes.
« L'Europe a tout ce qu'il faut pour continuer à être une puissance spatiale mondiale. Nous avons les talents, la capacité industrielle, le leadership technologique », a déclaré Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, en invitant les acteurs du spatial à repenser leur façon de faire. « Nous devons établir un programme spatial ambitieux et disruptif pour l'avenir : être plus dynamique, plus innovant et prendre plus de risques », a-t-il encouragé.

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Un budget record pour le spatial
En avril, l’Union européenne avait déjà adopté un budget record pour ses programmes spatiaux : 14,88 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Sur cette somme, l’accord-cadre prévoit 9 milliards d’euros d’investissements pour l’ESA et ses partenaires industriels. Pas de surprise en ce qui concerne les gros chantiers qui vont bénéficier de ces financements. On y retrouve le programme d’observation de la Terre Copernicus et le système de navigation EGNOS. L’accord-cadre doit aussi permettre la montée en puissance de Galileo, le système européen de positionnement et de navigation par satellite. Airbus et Thales Alenia Space avaient remporté en janvier des contrats très convoités pour construire les satellites Galileo de deuxième génération.
Thierry Breton milite pour une nouvelle constellation européenne
Lors de son discours, le Commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a également présenté de nouvelles initiatives. Un projet concerne la gestion du trafic spatial pour éviter d’éventuelles collisions pouvant résultant de la multiplication des satellites et de débris spatiaux dans l’orbite terrestre.
Le dirigeant a surtout milité pour le développement d’une constellation dédiée à la connectivité. Thierry Breton a décrit un système sécurisé grâce au chiffrement quantique pour prévenir les risques de cyberattaques. En s’appuyant sur des satellites positionnés à des orbites différentes, ce projet permettrait de lutter contre les zones blanches en Europe et d’assurer la connexion du continent, même en cas d’attaques massives sur les infrastructures terrestres. « Même si nous sommes encore en train de concevoir l'architecture potentielle, je veux entendre tout le monde : les acteurs industriels traditionnels établis aussi bien que les start-up », a encouragé Thierry Breton.
En janvier, le commissaire européen avait annoncé son souhait d’initier une alliance européenne des lanceurs pour assurer un accès indépendant de l’Europe à l’espace en développant la prochaine génération de fusées. Sur ce sujet, Thierry Breton a évoqué des négociations toujours en cours. « Nous travaillons actuellement sur les termes de l'alliance et nous espérons que le lancement se fera très rapidement car nous n'avons pas de temps à perdre », a-t-il expliqué.



