L’exploration spatiale se limite pas à la Lune et à la planète Mars. Jeudi 10 juin, l’Agence spatiale européenne (ESA) a dévoilé EnVision, une nouvelle mission sous la forme d’un orbiteur à destination de Vénus. Si le maître d’oeuvre industriel n’est pas encore connu, on sait déjà que la France va apporter sa contribution à travers le Centre national d’études spatiales (Cnes).
Vénus, « jumelle maléfique » de la Terre
Vénus attire de plus en plus l’attention. En septembre 2020, des chercheurs avaient annoncé la découverte d’une molécule potentiellement liée à la présence de vie dans l’atmosphère vénusienne. Une hypothèse largement discutée dans le monde scientifique. Plus récemment, mercredi 2 juin, la NASA a elle aussi annoncé le lancement de deux sondes vers la « jumelle maléfique » de la Terre.
Deuxième planète la plus proche du Soleil, l’astre offre un environnement extrême. La température moyenne s’élève à +462°C, des nuages chargés en acide sulfurique recouvrent l’ensemble du globe et la pression atmosphérique dépasse 90 fois celle de notre planète bleue. Des conditions qui rendent d’autant plus difficiles les missions spatiales mais qui ne cessent d’intriguer les savants. Pour l’ESA, EnVision « offrira une vue globale de la planète, de son noyau interne à sa haute atmosphère, afin de déterminer comment et pourquoi Vénus et la Terre ont évolué si différemment. »

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Des laboratoires français impliqués
Si l’ESA et la NASA lanceront chacune de leur côté leur mission, les deux agences spatiales prévoient de collaborer sur des instruments scientifiques. Le Cnes va par exemple contribuer au radar de la sonde américaine Veritas. Sur EnVision, un radar fourni par les États-Unis doit permettre d’envoyer des images et des cartes de la surface de Vénus.
Plusieurs laboratoires français participent déjà aux travaux préliminaires sur EnVision. À en croire le site dédié à la mission, deux volets scientifiques sont pilotés par des chercheurs français : le spectromètre VenSpec-U qui permettra d’analyser les gaz soufrés vénusiens, au Laboratoire atmosphères, observations spatiales (Latmos) de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ; l’expérience Radio-Science qui cherchera à caractériser le champ de gravité de Vénus, au Laboratoire de planétologie et géodynamique (LPG) de l’Université de Nantes.
Lancement au début des années 2030
« La prochaine étape pour EnVision est de passer à la “phase de définition” détaillée, au cours de laquelle la conception du satellite et des instruments sera finalisée », indique l’ESA. C’est seulement après cette phase qu’un maître d’oeuvre industriel européen sera choisi pour construire l’orbiteur de cette mission évaluée à 610 millions d’euros.
L’ESA prévoit de lancer la mission avec une fusée Ariane 6 au début des années 2030. « L’opportunité la plus proche pour EnVision est 2031, avec d’autres options possibles en 2032 et 2033 », précise l’Agence spatiale européenne. Le voyage entre la Terre et Vénus devrait 15 mois, auxquels il faut ajouter 16 mois pour que la sonde spatiale circularise son orbite par aérofreinage.
« Une nouvelle ère dans l’exploration de notre voisine la plus proche, et pourtant si différente, du système solaire nous attend », s’est réjoui Günther Hasinger, directeur de la science de l’ESA. Selon lui, les missions programmées par l’Europe et les États-Unis permettront de se pencher sur plusieurs questions importantes : « Quelle histoire Vénus a-t-elle vécue pour arriver à cet état et cela présage-t-il du sort de la Terre si elle devait, elle aussi, subir un effet de serre catastrophique ? Vénus est-elle encore géologiquement active ? Aurait-elle pu autrefois abriter un océan et même entretenir la vie ? »



