L’Europe muscle sa stratégie pour devenir un partenaire incontournable dans l’exploration lunaire. Jeudi 20 mai, l’Agence spatiale européenne (ESA) a lancé une nouvelle étape dans son initiative Moonlight : un projet de services de télécommunications et de navigation pour soutenir les expéditions sur la Lune. Deux consortiums d’entreprises ont été sélectionnés pour travailler sur ce chantier. Parmi elles, on retrouve Airbus et Thales à travers ses coentreprises Telespazio et Thales Alenia Space.
L’ESA défend un service conjoint
Faute de réseau partagé, les appareils posés sur la Lune doivent être appuyés par une sonde spatiale qui sert de relais pour les communications. Ce système présente des limites puisque la Lune expose toujours le même profil à la Terre. Autrement dit, lorsque des appareils évoluent du côté de la face cachée, leurs signaux sont bloqués par la masse rocheuse de l’astre.
Sur une note plus pragmatique, l’ESA souligne l’effervescence de projets en direction de la Lune. « Le recours à un service conjoint de télécommunications et de navigation réduirait la complexité de conception des futures missions individuelles et les allégerait, libérant de l’espace pour davantage d’instruments scientifiques ou autres cargaisons, optimisant ainsi chaque mission », argumente l’Agence spatiale européenne.

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Observatoires de radioastronomie et jeux de réalité virtuelle
Un tel service permettrait diverses applications : installer des observatoires sur la face cachée de la Lune pour la radioastronomie, permettre aux rovers de se déplacer plus rapidement ; élargir les sites d'atterrissage possibles ; voire téléopérer depuis la Terre des rovers ou d’autres équipements sur la Lune. L’ESA va jusqu’à imaginer « des jeux de réalité virtuelle dans lesquels les joueurs manipuleraient des robots lunaires ou verraient à travers les yeux d’astronautes ».
Une constellation de satellites en orbite lunaire diminuerait surtout le coût de l’exploration lunaire. Au lieu de déployer en orbite lunaire un vaisseau spatial avec des équipements de communication, les acteurs du secteur pourraient simplement louer ces services. « Davantage d’États membres de l’ESA pourraient lancer leurs propres missions lunaires nationales. Même avec un budget relativement limité, une nation spatiale émergente serait en mesure d’envoyer une mission scientifique CubeSat sur la Lune », assure l’ESA.
Qui sont les industriels sélectionnés ?
L’ESA avait lancé un appel à manifestation d’intérêt en juillet 2020. Deux consortiums ont été choisis, « pour définir en détail la prestation de services de télécommunications et de navigation pour les missions sur la Lune ». Le montant des contrats n’a pas été dévoilé.
Le premier consortium sera piloté par Surrey Satellite Technology, une entreprise britannique spécialisée dans les petits satellites. Ce groupement comprend également : le fabricant de satellites Airbus ; les fournisseurs de réseaux de satellites SES (Luxembourg) et Kongsberg Satellite Services (Norvège) ; la station terrestre de Goonhilly (Royaume-Uni) ; et enfin la société de navigation par satellite GMV-NSL (Royaume-Uni).
Telespazio (détenu à 67 % par Leonardo et 33 % par Thales) dirigera le deuxième consortium. Ses partenaires : le fabricant de satellites Thales Alenia Space (détenu à 67 % par Thales et 33 % par Leonardo) ; l’opérateur de satellites Inmarsat (Royaume-Uni) ; la société de technologie spatiale MDA (Canada) ; Telespazio Allemagne ; le fabricant de satellites OHB Systems (Allemagne) ; l’opérateur de satellites Hispasat (Espagne) ; les sociétés d’ingénierie ALTEC (Italie) et Argotec (Italie) ; Nanoracks Europe ; les établissements Politecnico Milano (Italie) et l’Università commerciale Luigi Bocconi (Italie).
Un lancement en 2022 pour l'initiative Moonlight ?
« À l'issue de la phase d'étude, l'ESA prévoit de sélectionner un opérateur pour la gestion du système LCNS [Lunar Communication and Navigation Services] et la fourniture des services », précise Telespazio dans un communiqué. La date de fin de cette phase d’étude n’a pas été précisée.
L’initiative Moonlight pourrait se concrétiser fin 2022 avec le lancement éventuel du Lunar Pathfinder, un vaisseau conçu pour fournir des services de communication abordables aux missions lunaires.



