A quelques jours des célébrations du centenaire de la création du parti communiste chinois le 1er juillet prochain, voilà un succès spatial qui tombe à pic pour Pékin. Les trois taïkonautes Nie Haisheng, Liu Boming, Tang Hongbo ont rejoint la station spatiale chinoise Tianhe, l’«harmonie céleste» orbitant à 400 Km autour de la Terre.
Ils resteront trois mois dans l’espace dépassant ainsi le précédent record de 30 jours pour un équipage chinois. Au programme : tests des équipements de la station et notamment de son bras robotique, réalisations d’expériences scientifiques et même deux sorties extravéhiculaires. Au total, une dizaine de missions seront encore nécessaires pour compléter définitivement le laboratoire spatial prévu pour une durée de vie de 10 ans. Ainsi, à partir de 2024 date de la mise à la retraite de la station spatiale internationale, la Chine pourrait être la seule nation à disposer d’une telle infrastructure de recherche en orbite terrestre.
Une succession d'exploits spatiaux
Il aura fallu près d’un demi-siècle à la Chine, après le lancement en avril 1970 de son premier satellite Dong Fang Hong par l’ancêtre d’une fusée Longue Marche, pour acquérir le statut de puissance spatiale. Avec une accélération fulgurante de son programme spatial ces deux dernières décennies donnant lieu à une multiplication d’exploits spatiaux. Dans le domaine de l’exploration, la CNSA, l’agence spatiale chinoise, a posé son rover Zhurong sur Mars en mai dernier et sa sonde Chang’e-4 sur la face cachée de la Lune en 2018. Dans le domaine des lanceurs, elle a réalisé 31 tirs en 2019, soit plus que les Etats-Unis ou la Russie.

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Dès 2003, elle envoyait son premier Taïkonaute dans l’espace. Elle rejoignait ainsi le club restreint des nations capables de réaliser des vols habités alors que l’Europe dépend toujours des Soyouz russes et de la capsule Crew Dragon de SpaceX pour envoyer ses astronautes vers l’ISS.
Le programme chinois se veut global. Il comprend par exemple une constellation de positionnement par satellite baptisée Beidu concurrent du GPS américain, du Glonass russe et du Galileo européen. Lancée au début des années 2000, elle affiche désormais une couverture mondiale depuis juin 2020. Quand on parle d’espace, le volet militaire n’est jamais loin. Dès 2016, l’armée chinoise s’est dotée d’une composante spatiale, en créant… la Force des fusées de l’armée populaire de libération (APL) !
Premier concurrent des Etats-Unis
Comment Pékin a-t-il réussi ce tour de force? Avec un budget pourtant loin d’être équivalent à celui des Américains estimé à 40 milliards de dollars par an alors que le budget spatial civil de la Chine est estimé à 10 milliards environ. Conscient des enjeux militaires, civils, scientifiques portés par l’espace, Pekin en a clairement fait une priorité. Et l’adversité rencontrée n’a fait de démultiplier sa volonté d’aboutir. Interdite de participation à la station spatiale internationale…elle a décidé alors de faire la sienne… toute seule ! Malgré la réglementation américaine ITAR (International Traffic in Arms Regulations, ndr), qui interdit de lancer sur une fusée chinoise un satellite contenant de la technologie américaine, le programme spatial de la CNSA avance à marche forcée.
Résultat : le pays des taïkonautes a développé une autonomie stratégique et technologique spatiale des plus impressionnantes. De quoi lui apporter un prestige sur la scène internationale et flatter sa population notamment en diffusant dernièrement des images de son rover martien arborant le drapeau national.
L’histoire ne s’arrête pas là. Après s’être imposé comme un acteur autonome et isolé, la Chine ambitionne de s’imposer comme une puissance spatiale fédératrice comme le montre sa récente alliance avec la Russie pour aller à la conquête de la Lune et proposer un projet alternatif à celui porté par la NASA. Depuis le succès du programme Apollo, avec la Chine, jamais le leadership spatial américain n’aura été autant contesté.



