En 2021, tous les principaux indicateurs d’Air Liquide sont au vert. Hors effets de change et d’énergie, et à périmètre comparable, le chiffre d’affaires atteint 23,33 milliards d’euros en croissance de 8,2%, la marge opérationnelle s'établit à 17,8%, et le résultat net récurrent progresse de 13%, à 2,57 milliards d’euros. Quasiment toutes les ventes par segment et par régions sont en croissance. Lors de la présentation des résultats annuels, mercredi 16 février, le PDG Benoît Potier a décrit le dernier exercice comme une « excellente performance », et ce, « malgré l’environnement inflationniste », le contexte sanitaire, et la flambée des prix de l’énergie. Le surcoût énergétique est d’ailleurs évalué à 2 milliards d’euros pour Air Liquide.
Cette présentation s’est tenue dans le contexte particulier du changement de gouvernance du groupe. Le 4 mai, lors de la prochaine assemblée générale, sera officialisée la succession, à la direction générale, de Benoît Potier par François Jackow, membre du comité exécutif et directeur général adjoint depuis 2019. Une page va se tourner à la tête d’Air Liquide, même si Benoît Potier ne quittera pas le groupe en conservant la présidence du conseil d’administration.
Capitalisation multipliée par cinq
Lui-même ancien directeur général dès 1997, avant de devenir président du directoire en 2001 puis PDG du groupe en 2006, Benoît Potier passe le relais non pas sur un bon dernier exercice, mais sur un bilan global positif. Il juge qu’au cours des vingt dernières années, Air Liquide « s’est considérablement transformé ». « Les ventes ont augmenté de deux fois et demie et la capitalisation boursière a été multipliée par cinq. Nous sommes allés en Chine de façon plus massive, et nous avons développé la santé et l’électronique tout en continuant la grande industrie », se félicite le dirigeant. En vingt ans, le chiffre d’affaires a progressé en moyenne annuelle de plus de 5%, et de près de 7% par an pour le résultat net.

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En deux décennies, les effectifs ont aussi doublé, jusqu’à plus de 66 000 collaborateurs dans le monde, en particulier avec certaines grandes acquisitions, en premier lieu celle d’Airgas en 2015, qui a décuplé la présence nord-américaine d’Air Liquide. Et avait même permis à Air Liquide de se positionner pendant quelques années comme leader mondial du secteur des gaz industriels, avant que Linde ne reprenne son trône d’une courte tête en 2018, via l’acquisition d’un autre américain, Praxair. Une opération délicate pour des raisons concurrentielles, avec beaucoup de chevauchements entre les activités de Linde et de Praxair et qui avait conduit à de grands pans de cessions, alors que la combinaison Airgas avec Air Liquide était beaucoup plus complémentaire.
Deux objectifs : la transition énergétique…
Le 22 mars prochain, en amont du changement de gouvernance prévu pour être définitivement enclenché au 1er juin, Air Liquide présentera son nouveau plan stratégique. Plan dont Benoît Potier a déjà esquissé certains contours, en particulier deux priorités. D’abord, la transition énergétique qui représente déjà une partie « particulièrement élevée », selon le PDG, dans les décisions d’investissements du groupe.
Air Liquide, qui vise la neutralité carbone en 2050, se dit déjà confiant pour atteindre un objectif de 33% de réductions de ses émissions de CO2 en valeur absolue d’ici à 2035. Malgré les démarrages d’unités et les 21 acquisitions l’an dernier, Benoît Potier a assuré que ces émissions ont été « stables », avec même une « très légère baisse en valeur absolue » entre 2020 et 2021. Et il estime qu’elles devraient « commencer à baisser plus significativement aux alentours de 2025 ».
… Et l’hydrogène bas carbone
La seconde priorité concerne, sans surprise, l’hydrogène, qui représente 2 milliards d’euros de ventes aujourd’hui, l’équivalent de 10% du chiffre d’affaires. Parmi les fondateurs du Conseil de l’hydrogène en 2017, Air Liquide avait annoncé au printemps 2021 un plan d’investissement de 8 milliards d’euros jusqu’en 2035 pour le développement de l’hydrogène bas carbone. L’an dernier, les investissements du groupe dans le domaine n’ont représenté que « quelques centaines de millions d’euros, ce n’est pas encore très important », reconnaît Benoît Potier, indiquant qu’il est toutefois question « d’accélérer ».
L’objectif est de maintenir Air Liquide « dans le peloton de tête » de ce marché qui pourrait atteindre une valeur de « 2 500 milliards de dollars en 2050 ». Pour cela, le groupe compte s’appuyer sur ses 50 ans d’expérience dans le domaine de l’hydrogène, sur ses compétences sur l’ensemble des technologies de production, mais aussi celles de distribution et d’acheminement, en ciblant principalement le développement de l’hydrogène bas carbone.



